Doutes sur le processus électoral à Madagascar
reuters.com
reuters.com
ANTANANARIVO (Reuters) - Le gouvernement de transition a remplacé par des militaires un tiers des postes de gouverneur de région à Madagascar, faisant planer des doutes sur la régularité du second tour, le 20 décembre, de l'élection présidentielle dans la Grande Ile de l'océan Indien.
Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement a annoncé un remaniement de dix des 22 postes de gouverneur, dont trois vont à des généraux et cinq à des colonels. Les deux derniers nouveaux promus sont des civils. La plupart des régions concernées par ces changements sont situées sur la côte, des régions plus densément peuplées que l'intérieur.
"Nous sommes préoccupés par cette décision qui intervient à la veille du second tour", a réagi Mamy Rakotoarivelo, président de l'Assemblée nationale et figure du camp Marc Ravalomana, le président élu renversé en 2009 avec l'aide d'une partie de l'armée par Andry Rajoelina, actuel président de la transition.
"Nous redoutons que les électeurs fassent l'objet de pressions, directes ou indirectes", a-t-il ajouté.
Le second tour opposera deux candidats - Jean-Louis Robinson et Hery Rajaonarimampianina - soutenus respectivement par les camps Ravalomanana et Rajoelina.
Les observateurs de l'Union européenne et d'Afrique australe ont estimé que le premier tour, le 25 octobre, avait été libre et équitable mais des diplomates pensent que le processus électoral peut encore dérailler.
"Andry Rajoelina cherche à prendre le contrôle des régions côtières au second tour", analyse Lydie Boka, du cabinet français d'évaluation de risques StrategiCo. "Son candidat a perdu de façon lamentable Antananarivo et il veut maintenant s'assurer que son homme l'emporte sur la côte".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Alain Iloniaina, Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters.com