Silence prudent des pays arabes après l'accord iranien
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RYAD (Reuters) - L'accord sur le programme nucléaire iranien que Téhéran a conclu dimanche avec les grandes puissances a été accueilli par un silence prudent de la part des pays arabes. Seuls l'Irak et la Syrie, les deux alliés arabes de l'Iran, s'en sont félicités.
Les Etats arabes, à l'exception de la Syrie et de l'Iran, sont dirigés par des sunnites qui considèrent en général l'Iran chiite comme un ennemi et qui voient d'un mauvais oeil la perspective d'un rapprochement de la république islamique avec l'Occident.
"Je crains que l'Iran ne renonce à quelque chose pour obtenir quelque chose d'autre des grandes puissances sur le plan de la politique régionale. Et je m'inquiète qu'on donne à l'Iran plus d'espace ou plus de latitude dans la région", commente Abdallah al Askar, président du Conseil de la Choura, l'organisme qui conseille le gouvernement saoudien.
"Le gouvernement iranien, mois après mois, a fait la preuve de son programme répugnant dans la région, et, à cet égard, personne dans la région ne pensera que les choses vont bien se passer", a-t-il ajouté en soulignant qu'il s'agissait de son opinion personnelle. L'Arabie saoudite n'a pas réagi officiellement.
Dans les heures qui ont précédé l'annonce de l'accord de Genève, les dirigeants des Etats arabes du Golfe, à savoir le roi Abdallah d'Arabie saoudite et les émirs du Qatar et du Koweït, se sont réunis samedi soir pour discuter de "questions intéressant les trois pays".
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Les pays arabes du Golfe sont opposé à l'Iran sur un grand nombre de questions dans la région et notamment sur la Syrie où ils financent les rebelles qui luttent contre le président Bachar al Assad, ami de l'Iran et de confession alaouite, une branche du chiisme. Ils accusent Téhéran de fomenter des troubles dans de nombreux pays et notamment au Yémen, à Bahreïn, au Liban et en Irak, ce que l'Iran dément.
"ÉTAPE MAJEURE"
Par contraste, l'Irak, seul Etat arabe qui soit ouvertement allié à la fois avec les Etats-Unis et avec l'Iran et dont le gouvernement est dirigé par des chiites, a salué l'accord.
"La conclusion d'un accord entre la république islamique d'Iran et les six grandes puissances est considéré comme une étape majeure pour la sécurité et la stabilité dans la région", dit le Premier ministre irakien Nouri al Maliki dans un communiqué.
"L'Irak (...) exprime son soutien plein et entier à cette mesure et son empressement à la soutenir, ainsi qu'à assurer l'achèvement des phases restantes et à promouvoir un climat de dialogue et de solutions pacifiques", poursuit-il.
Le gouvernement syrien du président Assad, allié de longue date de l'Iran, s'est lui aussi montré satisfait.
"La Syrie a le sentiment que ce genre d'accord est un signe que les solutions politiques à la crise dans la région sont le meilleur moyen pour assurer la paix et la sécurité, loin devant les menaces d'intervention étrangère ou de recours à la force", a déclaré un responsable ministériel cité par l'agence Sana.
Aux Emirats arabes unis, le gouvernement a souhaité que l'accord de Genève permette de parvenir "à un règlement définitif qui préserve la stabilité de la région et la protège des tensions ainsi que des risques de prolifération", rapporte l'agence de presse Wam.
Erika Solomon à Beyrouth, Souadad al Salhy à Bagdad et Angus McDowall à Riyadh; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français
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