Accord de coalition attendu cette semaine en Allemagne
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par Noah Barkin
BERLIN (Reuters) - Les négociations pour la formation d'un gouvernement de coalition droite-gauche en Allemagne entrent dans leur dernière ligne droite cette semaine, la conclusion d'un accord semblant possible pour mercredi.
Le dernier round de discussions, prévu mardi, devrait se prolonger dans les premières heures de mercredi. L'atmosphère n'est toutefois pas à l'enthousiasme.
Les deux camps, chrétiens-démocrates (CDU) de la chancelière Angela Merkel, qui ont manqué de peu la majorité absolue aux élections législatives du 22 septembre, et sociaux-démocrates (SPD) avec qui ils sont contraints de s'allier, ont dû accepter des concessions de taille.
En politique intérieure, la CDU semble avoir réussi à écarter la demande du SPD d'une hausse de la fiscalité sur les plus hauts revenus pour financer des investissements publics dans les infrastructures, l'éducation et la recherche. Il n'a toutefois pas été précisé d'où viendraient les fonds pour financer ces dépenses souhaitées par tous les partis.
De son côté, le SPD semble avoir obtenu gain de cause auprès de la CDU pour la création d'un salaire minimum de 8,50 euros de l'heure et sur l'assouplissement de l'interdiction de la double nationalité pour les enfants d'immigrés nés en Allemagne.
Mais la base se plaint de certains compromis acceptés par le SPD sur des questions financières et craint en outre que la très conservatrice CSU, qui représente la CDU en Bavière, ne fasse établir un péage aux autoroutes pour les étrangers, mesure pourtant exclue par la chancelière elle-même pendant la campagne.
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Le magazine Der Spiegel soulignait ce week-end le scepticisme prévalant dans le nombreuses sections du SPD sur l'entrée du parti dans une "grande coalition" avec la CDU pour la deuxième fois en moins de dix ans. Le président du SPD, Sigmar Gabriel, aura la difficile tâche d'amener sa base à avaliser l'accord de gouvernement qui aura été conclu.
SCEPTICISME ET MOROSITÉ
Selon le calendrier prévu, les 470.000 adhérents du SPD doivent se prononcer début décembre sur l'accord de coalition.
S'ils devaient voter "non", ce qui semble peu probable, l'Allemagne se retrouverait face à une nouvelle période d'incertitude politique et devrait peut-être voter à nouveau.
"Il faut vraiment que nous nous rassemblions (...). Ce n'est pas une affaire réglée, loin de là", a déclaré Martin Schulz, président du Parlement européen et négociateur pour le SPD.
Dans ce contexte, les portefeuilles ministériels seront âprement négociés. Wolfgang Schäuble (CDU) devrait rester ministre des Finances et Frank-Walter Steinmeier du SPD revenir aux Affaires étrangères, portefeuille qu'il détenait dans la première "grande coalition" (2005-2009).
Sigmar Gabriel pourrait faire son entrée au gouvernement à la tête d'un grand ministère de l'Economie et de l'Energie. Sinon, il pourrait prendre la succession de Frank-Walter Steinmeier à la présidence du groupe SPD au Bundestag.
L'ambiance est très différente de ce qu'elle était en 2005, lors des négociations pour la constitution du premier gouvernement Merkel. A l'époque, la chancelière n'avait battu que de peu le SPD aux législatives.
La CDU était alors satisfaite de retourner au pouvoir après sept ans passés dans l'opposition, tandis que le SPD, en s'invitant dans une grande coalition, était ravi d'empêcher la formation d'un gouvernement entièrement de droite.
La population semble elle aussi morose à la perspective d'être dirigée à nouveau par une grande coalition. Selon un sondage diffusé la semaine dernière par la chaîne publique ARD, 55% des sondés sont favorables à ce type de gouvernement, alors qu'ils étaient 66% il y a un mois. En outre, 43% estiment possibles de nouvelles élections, contre 31% en octobre.
Avec Michelle Martin, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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