L'aide humanitaire compromise par les combats en Syrie
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L'aide humanitaire compromise par les combats en Syrie
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par Stephanie Nebehay
GENEVE (Reuters) - Les Nations unies affirment que leurs convois d'aide ne parviennent pas à atteindre quelque 250.000 personnes vivant dans des régions syriennes assiégées par les forces gouvernementales ou rebelles et ce malgré "des besoins croissants et l'intensification du conflit".
Ce constat détaillé figure dans un rapport confidentiel présenté mardi lors d'une réunion privée à Genève par Valerie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies chargée des Affaires humanitaires.
"La réponse (à la crise humanitaire, ndlr) se poursuit mais reste insuffisante, tout particulièrement dans des secteurs assiégés et difficiles d'accès. Les communautés assiégées continuent d'être isolées", lit-on dans ce document intitulé "Situation humanitaire et réponse en Syrie" que Reuters a pu exceptionnellement consulter.
Alors même que l'Onu a annoncé l'ouverture, le 22 janvier à Genève, d'une conférence internationale de paix pour la Syrie, le document brosse un tableau sombre de la situation sur le terrain, évoquant 900 affrontements armés en octobre contre un demi-millier en mai.
Il parle d'"un environnement dangereux et difficile pour les travailleurs humanitaires" et cite la mort de 12 employés de l'Onu et de 32 volontaires ou employés du Croissant-rouge arabe syrien (Cras) depuis le début du conflit en mars 2011. Vingt-et-un autres membres du personnel des Nations unies sont toujours détenus.
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Selon cette évaluation, environ 9,3 millions de Syriens vivant dans leur pays ont besoin d'être aidés, dont la moitié sont des enfants. Quelque 575.000 personnes sont blessées ou ont besoin de soins essentiels à leur survie.
NEUF CONVOIS AUTORISÉS EN NOVEMBRE
L'Onu affirme que le gouvernement syrien a interdit le mois passé à des convois ou des missions des Nations unies de se rendre dans des zones assiégées par les forces du président Bachar al Assad, y compris pour atteindre 7.000 personnes vivant à Mouadamiya et 160.000 autres dans la Ghouta orientale, deux zones situées à la périphérie de Damas. Quatre mille personnes habitant la Vieille Ville de Homs n'ont pu recevoir d'aide.
Quelque 25.000 autres sont prises au piège des deux camps à Yarmouk et 9.000 à Daraya, deux secteurs de la proche périphérie de la capitale.
L'Onu s'est aussi vue refuser l'accès à Noubl et Zahra, deux localités de 45.000 habitants à elles deux assiégées par différents groupes rebelles dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, précise le document.
Globalement, neuf convois d'aide ont reçu les autorisations nécessaires en novembre, dont sept pour la ville de Homs, un progrès par rapport à ces derniers mois pour lesquels les belligérants n'accordaient que trois à quatre autorisations mensuelles.
L'Onu est autorisée à utiliser exclusivement les canaux et les postes-frontières officiels syriens convenus avec Damas pour acheminer des secours; cela concerne notamment les ports de Lattaquié et de Tartous, sur le littoral nord de la Méditerranée, ainsi que des postes-frontières avec le Liban et la Jordanie.
Selon un diplomate occidental ayant requis l'anonymat, le gouvernement syrien est tenu, au regard du droit international, de faciliter l'accès à l'aide humanitaire.
Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief
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