Le Sénat italien vote la confiance au gouvernement Letta
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par Naomi O'Leary et James Mackenzie
ROME (Reuters) - Le Sénat italien a voté mercredi la confiance au gouvernement de grande coalition, mené par Enrico Letta, malgré l'opposition du parti de Silvio Berlusconi, alors que la chambre haute doit décider dans la soirée d'expulser ou non de ses rangs l'ancien président du Conseil.
Le Sénat doit se prononcer vers 18h00 GMT sur la déchéance de Silvio Berlusconi, à la suite de sa condamnation définitive en août pour fraude fiscale, et l'homme politique de 77 ans, dont l'expulsion ne fait guère de doutes, accuse ses opposants de gauche de préparer un "coup d'Etat"
Pour l'heure, Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi, a officialisé sa rupture avec le gouvernement de coalition formé il y a sept mois, en exprimant sa défiance à Enrico Letta, à l'occasion de l'examen du budget pour 2014, dit loi de stabilité.
Enrico Letta, issu de la principale formation de gauche, le Parti démocrate (PD), pouvait cependant se passer du soutien de Forza Italia grâce à celui du Nouveau centre droit (NCD), formation née de la scission du Peuple de la liberté (PDL), l'ancien parti de Silvio Berlusconi.
En tout 171 sénateurs ont voté en faveur du gouvernement, et 135 se sont prononcés contre. Le budget, dit loi de stabilité, n'est pour autant pas adopté par les parlementaires, qui devront de nouveau voter à son sujet en fin d'année.
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"À partir d'aujourd'hui, nous appartenons à l'opposition et la grande coalition prend fin", a déclaré Renato Brunetta, chef de file de Forza Italia à la Chambre des députés, où Enrico Letta dispose d'une majorité assurée.
PROBABLE ÉVICTION
À défaut de provoquer une crise gouvernementale, le vote témoigne de tensions politiques de plus en plus graves, alors que le Sénat devrait entériner dans la soirée l'expulsion de Silvio Berlusconi, que souhaitent à la fois la gauche et l'opposition populiste du Mouvement 5 étoiles (M5S) de l'humoriste Beppe Grillo.
Pour Silvio Berlusconi, à qui le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a demandé en vain de ne pas "lâcher" Enrico Letta, le gouvernement de coalition "a échoué dans toutes ses missions".
La probable éviction du Sénat de l'ancien président du Conseil est une conséquence de la confirmation cet été par la Cour de cassation d'une peine d'emprisonnement, qui devrait être commuée en travaux publics, ainsi que d'une interdiction d'exercer un mandat public, pour avoir établi un système complexe afin de réduire les impôts à payer par son groupe Mediaset.
Selon une loi adoptée l'an dernier, les responsables politiques reconnus coupables de graves infractions pénales ne peuvent plus siéger au parlement, mais seul un vote du Sénat peut confirmer en pratique l'expulsion de Silvio Berlusconi.
Même si l'ancien chef du gouvernement se voit obligé de quitter son siège de sénateur, le gouvernement devra se préparer à une double opposition, de la part de Forza Italia et du M5S, qui devrait multiplier les attaques en vue des élections européennes de mai 2014.
"Berlusconi est victime d'un combat injuste et antidémocratique", a déclaré Annagrazia Calabria, députée de Forza Italia. "Personne ne peut nier le soutien de millions et de millions d'Italiens, de tous ses partisans qui croient encore en lui et sont restés à ses côtés."
Avec Eleanor Biles et Catherine Hornby; Julien Dury pour le service français
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