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Les renforts français très attendus en Centrafrique

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Publié le 27 novembre 2013 à 15:10 - Mis à jour le 27 novembre 2013 à 22:00

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par Joe Penney

BOSSANGOA, République centrafricaine (Reuters) - Mathieu Marco s'est caché dans sa douche à l'arrivée du chef d'une milice musulmane venu pour le tuer. Puis il l'a entendu invectiver son fils pour obtenir des renseignements.

Faute de résultats, l'homme qui le prenait pour un combattant chrétien a passé ses nerfs sur un petit voisin âgé de 13 ans qu'il a exécuté devant la maison.

"Il l'a tué de sang froid, comme ça: pan! pan!", raconte le photographe qui vit maintenant à Bossangoa, une localité isolée de Centrafrique, où 40.000 chrétiens ont trouvé refuge.

Comme beaucoup d'autres victimes des violences qui font rage dans son pays, Mathieu Marco ne compte plus que sur une intervention étrangère.

"Des soldats français, américains ou venus d'Asie, c'est pareil (...), on veut la paix!", dit-il, écoutant fébrilement sa radio devant l'église où de nombreux déplacés se sont installés.

La Centrafrique, pays enclavé et majoritairement chrétien de 4,6 millions d'âmes, a sombré dans le chaos lorsque les rebelles musulmans de la Séléka, ou coalition, dont beaucoup viennent du Tchad et du Soudan, ont déposé le président François Bozizé en mars. Depuis, le conflit a fait 460.000 déplacés, soit un dixième de la population.

"La Séléka, ce n'est rien que des bandits professionnels. Ils sont venus pour piller notre pays. Il faut les chasser, un point c'est tout!", poursuit Mathieu Marco.

La France a décidé mardi de porter son contingent en Centrafrique à un millier d'hommes pour y rétablir la sécurité.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qu'on interrogeait sur une situation que certains jugent pré-génocidaire, "il y a un risque d'implosion dans tous les domaines qui est absolument massif".

"Jusqu'à présent, cela ne concernait, et c'était déjà trop, que les Centrafricains, et aujourd'hui si le vide et l'implosion s'installent, cela va concerner tous les pays de la région, c'est-à-dire le Tchad, les Soudans, le Congo, le Cameroun", a-t-il ajouté.

"SANS LA SÉLÉKA, NOUS NE SERIONS PLUS LÀ"

La décision de Paris, qui doit être approuvée la semaine prochaine par le Conseil de sécurité de l'Onu, a d'ores et déjà ravivé les espoirs à Bangui, la capitale, que les militaires français vont s'efforcer de sécuriser en premier.

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"Ça a calmé les gens. On se sent en sécurité avec l'arrivée des Français. Ça nous rassure", dit un habitant dont la voiture est ornée d'un drapeau tricolore.

Face aux exactions de la Séléka, des milices chrétiennes connues sous le nom d'"anti-balaka" ("anti-machettes") se montrent de plus en plus actives, ce qui alimente le cycle des représailles.

Danue Erephin, un cultivateur de 33 ans, dit avoir été enlevé avec six de ses voisins par une dizaine de combattants de la Séléka, tous Tchadiens.

"Ils nous ont frappé. Ils ont fouillé nos maisons et ont trouvé de l'argent puis ont hurlé: 'Vous êtes des anti-balaka!', ce qu'on a nié", raconte-t-il.

A la nuit tombée, les sept ont été jetés d'un pont pieds et poings liés. Trois ont survécu.

Si le gros des violences est imputé aux hommes de la Séléka, les musulmans qui représentent 15% de la population les considèrent comme leur seule protection face aux anti-balakas.

"Ils ont tué tous les musulmans qui se trouvaient dans la brousse. Sans la Séléka, nous ne serions plus là", assure Achille Sakairou, un chauffeur de Bossangoa âgé de 22 ans.

A Mbakate, 75 km plus au sud, une douzaine d'hommes armés de fusils rouillés et bardés de gris-gris montent la garde.

"S'ils essayent d'entrer dans nos champs, on riposte. C'est de la légitime défense", résume Marto Simplice, chef local des anti-balaka.

Avec Emmanuel Braun; Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

reuters.com

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