Washington assure Tokyo de son soutien face à la Chine
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par Mark Felsenthal et David Alexander
WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont assuré mercredi le Japon de leur soutien dans leur contentieux avec Pékin concernant les îles Senkaku/Diaoyu en mer de Chine orientale.
Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a garanti à son homologue japonais, lors d'une conversation téléphonique, que le pacte de sécurité unissant les deux pays couvrait ces îlots, qui sont compris dans la nouvelle "zone d'identification" aérienne qu'a créée unilatéralement la Chine dans cette région maritime.
Les autorités chinoises ont menacé samedi dernier de prendre des "mesures défensives d'urgence" contre les avions qui ne respecteraient pas ses nouvelles règles d'identification dans l'espace aérien des îles, nommées Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois.
Les Etats-Unis, soucieux d'afficher de façon spectaculaire leur soutien à l'allié traditionnel japonais, ont fait survoler mardi la zone contestée par deux bombardiers B-52 non armés dans le cadre d'une mission présentée par le Pentagone comme un exercice d'entraînement programmé de longue date.
Le vice-président américain Joe Biden se rendra en Chine, au Japon et en Corée du Sud la semaine prochaine dans le cadre d'un voyage qui n'avait pas été annoncé jusque-là, et s'efforcera de faire retomber la tension, ont déclaré de hauts responsables de l'administration Obama.
Joe Biden évoquera directement la "zone d'identification" avec ses interlocuteurs chinois, a déclaré un responsable de l'administration américaine en ajoutant: "Cela permettra aussi au vice-président de dire plus généralement que l'on se trouve face à un type de comportement que les voisins de la Chine jugent troublant".
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"FORCÉE DE RÉAGIR
Le Pentagone a laissé entendre que l'armée de l'air américaine pourrait effectuer d'autres vols dans la "zone d'identification" instaurée par la Chine.
"Nous continuerons de mener des opérations dans la région, comme nous l'avons fait" par le passé, a dit à Reuters le colonel Steve Warren, porte-parole du Pentagone.
A Tokyo, le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe a obtenu des deux principales compagnies aériennes du pays, ANA et Japan Airlines, de ne plus soumettre leurs plans de vol à la Chine pour la zone contestée, ce qu'elles avaient commencé à faire samedi.
"Si les Etats-Unis effectuent deux ou trois autres vols comme celui-ci, la Chine sera forcée de réagir. Si la Chine ne répondait que verbalement, ce serait (pour elle) une humiliation", analyse Sun Zhe, spécialiste des relations sino-américaines à l'université Tsinghua de Pékin.
Le Pentagone a déclaré que le survol par les B-52 n'avait donné lieu à aucun contrôle ni aucune réaction chinoise. La Maison blanche a quant à elle invité la Chine à résoudre son contentieux avec Tokyo sans recourir "à des menaces ni à des propos incendiaires".
Les Etats-Unis n'ont pas pris position sur la querelle territoriale, mais reconnaissent le fait que Tokyo gère administrativement les îles. Le porte-parole du Pentagone Steve Warren, a évoqué, en parlant de la mission aérienne, le survol "de la région des Senkaku", le nom japonais de l'archipel de la mer de Chine orientale.
Les nouvelles règles édictées par Pékin requièrent notamment que les plans de vol soient fournis au préalable à l'aviation civile chinoise ou au ministère des Affaires étrangères, qu'un contact radio soit maintenu et que les équipages répondent rapidement aux demandes d'identification.
Pascal Liétout et Eric Faye pour le service français
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