Dispositif français pour l'essentiel inchangé en Centrafrique
reuters.com
reuters.com
PARIS (Reuters) - Le dispositif militaire français déployé en Centrafrique est pour l'essentiel inchangé à ce stade, à quelques éléments du génie et de logistique près, a déclaré vendredi un porte-parole de l'état-major des armées françaises.
Ce dispositif compte environ 450 hommes, auxquels s'ajoutent depuis quelques jours des soldats du génie de l'air et des spécialistes du service des essences, a précisé le colonel Gilles Jarron lors d'un point de presse.
La France prévoit de porter sa présence à un millier de soldats dès qu'aura été adoptée une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu lui permettant d'appuyer une force de l'Union africaine en cours de déploiement.
Les éléments du génie de l'air "sont en train d'aménager des plates-formes sur l'aéroport de Bangui", seul moyen d'acheminer rapidement des renforts en cas de besoin, a dit Gilles Jarron.
La France est par ailleurs en train de prépositionner 350 hommes et des moyens de combat et de logistique à Douala, au Cameroun, en cas de besoin, a-t-il ajouté.
La mission militaire française en République centrafricaine se focalisera sur la sécurité des principaux axes de circulation routière et des grandes agglomérations afin d'éviter des "actions de représailles", a indiqué une source au ministère français de la Défense.
Selon la commissaire européenne à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, il faudrait tripler ou quadrupler les effectifs chargés du maintien de la paix en Centrafrique pour éviter une aggravation du conflit.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

RISQUE DE GÉNOCIDE
Le projet de résolution présenté par la France prévoit de donner un mandat de six mois aux troupes françaises et à celles de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca) pour rétablir l'ordre, protéger les civils et rétablir l'autorité de l'Etat.
L'objectif assigné aux troupes françaises en RCA sera de rétablir le droit et l'ordre jusqu'à ce que la Misca, mission africaine forte de 3.600 soldats, soit pleinement opérationnelle.
L'Union africaine devrait prendre le contrôle le mois prochain de la Fomac, contingent de 2.500 hommes déjà déployés par la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).
La République centrafricaine a sombré dans le chaos depuis que les rebelles de la Séléka ont chassé du pouvoir le président François Bozizé en mars. Selon la commissaire européenne, ce pays est confronté au double risque d'une désagrégation de l'Etat, comme en Somalie, et d'un génocide.
Michel Djotodia, le chef de la Séléka, s'est imposé comme président par intérim mais n'est pas parvenu à reprendre les zones à majorité chrétiennes passées sous le contrôle d'insurgés musulmans qui se livrent à des exactions sur les populations locales.
Emmanuel Jarry
reuters.com