Quitter l'UE serait désastreux pour la Grande-Bretagne, dit Major
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LONDRES (Reuters) - L'ancien Premier ministre britannique John Major a mis en garde ses compatriotes contre la tentation d'une sortie de l'Union européenne, une décision "désastreuse" qui coûterait selon lui des milliards de livres à la Grande-Bretagne et la laisserait isolée sur la scène internationale.
L'actuel Premier ministre, David Cameron, membre comme John Major du Parti conservateur, s'est engagé à renégocier les liens entre Londres et Bruxelles avant d'organiser un référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE s'il est réélu en 2015.
John Major, qui a dirigé le gouvernement de 1990 à 1997, avant de laisser la place au travailliste Tony Blair, résolument pro-européen, s'est dit favorable à cette renégociation, mais il a appelé son successeur au 10 Downing Street à faire preuve de réalisme.
"Dans un monde de sept milliards d'habitants, notre île s'éloignerait davantage de nos partenaires commerciaux les plus proches et les plus importants au moment où eux, de leur côté, se rapprochent les uns des autres. Cela n'aurait aucun sens", a dit l'ancien Premier ministre dans un discours prononcé jeudi devant des chefs d'entreprise à l'Institute of Directors.
"L'UE serait affaiblie. Le Royaume-Uni serait isolé. Je ne suis pas un europhile naïf, mais ce serait un scénario perdant/perdant, une décision désastreuse pour tout le monde", a-t-il ajouté, selon des propos cités vendredi par le Daily Telegraph.
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Les tensions entre eurosceptiques et europhiles au Parti conservateur avaient joué un rôle important dans la chute des gouvernements de Margaret Thatcher puis de John Major, et pourraient coûter à David Cameron sa réélection en 2015, selon un sondage publié le mois dernier.
John Major a insisté sur le risque que ferait peser une sortie de l'UE sur les investissements étrangers, les emplois et même le prestige international de la Grande-Bretagne.
Il a souligné que les entreprises britanniques auraient sans doute à s'acquitter de droits de douanes pour accéder au marché unique et n'en seraient pas moins contraintes d'appliquer des réglementations européennes qu'elles n'auraient plus les moyens d'influencer.
"Nous survivrions, bien sûr, mais il y aurait un prix énorme à payer en termes de bien-être économique, d'emplois et de prestige international", a-t-il dit.
Freya Berry; Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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