Découverte d'une fosse commune près de Bamako
reuters.com
reuters.com
DIAGO, Mali (Reuters) - Une fosse commune contenant probablement les corps de 21 soldats maliens portés disparus depuis l'an dernier a été découverte dans le village de Diago, près de Kati, ville de garnison à 30 km au nord de la capitale, Bamako.
A la fin du mois dernier, le général Amadou Sanogo, responsable du coup d'Etat de mars 2012 qui a plongé le Mali dans le chaos, a été inculpé de complicité d'enlèvement et écroué.
Les corps trouvés à Diago, ont rapporté des habitants, ont été retirés mardi de la fosse, où des militaires montaient toujours la garde mercredi.
"Nous avons vu les autorités arriver et exhumer les corps hier soir", a dit à Reuters Yacouba Coulibaly, un habitant de Diago. "On avait signalé depuis longtemps l'existence de cette fosse commune car en 2012 des soldats étaient venus enterrer des corps. Ce n'était un secret pour personne ici."
Avant son arrestation, le général Sanogo avait été convoqué en vain à plusieurs reprises pour être interrogé sur la mort de six soldats et sur la disparition d'un colonel lors d'une mutinerie en septembre dernier à Kati.
Plusieurs soldats maliens ont par ailleurs disparu lors d'un "contre-coup d'Etat" raté en avril 2012, mené par des fidèles de l'ex-président Amadou Toumani Touré.
A l'époque, la télévision d'Etat avait dénoncé les "bérets rouges", des parachutistes partisans de Touré, les présentant comme des "mercenaires".
"UN SUJET TABOU"
Le nombre de corps retrouvés dans la fosse commune correspond à celui des soldats portés disparus, selon l'ONG Human Rights Watch, à la suite de ces combats d'avril 2012.
Le procureur général malien, Daniel Tessougué, a également déclaré à Reuters qu'il s'agissait probablement de ces militaires. "Nous ajouterons le meurtre aux charges retenues (contre Sanogo)", a-t-il dit. "Si nous trouvons des signes de torture, cela viendra aussi s'ajouter."
Le procureur a précisé que des plaques d'identification militaires et des restes d'uniformes avaient été trouvés dans la fosse. Le juge Yaya Karambé, chargé du dossier Sanogo, a ordonné une fouille minutieuse du site, a-t-on appris de source militaire.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Un reporter du journal de Bamako Le Prétoire, Birama Fall, a déclaré qu'il avait été brièvement arrêté l'an dernier après avoir obtenu des informations sur les soldats disparus. "J'avais des informations mais la Sécurité d'Etat m'a dit ne pas en parler. Depuis, c'était un sujet tabou", a-t-il dit.
Après avoir cédé le pouvoir à une administration civile provisoire, le général Sanogo a dirigé jusqu'en août, peu après l'élection du nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta, une commission militaire chargée de réformer les forces armées.
Adama Diarra, avec Tiemoko Diallo à Bamako, Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters.com