Le président malien déplore le rôle donné par la France au MNLA
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PARIS (Reuters) - La place donnée au mouvement rebelle touareg dans la région de Kidal ne permet pas à l'Etat malien de reprendre le contrôle de l'ensemble de son territoire, déclare le président Ibrahim Boubacar Keïta dans une interview publiée mercredi par Le Monde.
Mais le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), très présent dans cette région du nord du pays depuis l'intervention de la France il y a près d'un an, a demandé mercredi à Paris d'assumer son rôle de maintien de la paix face à ce qu'il présente comme des exactions de l'armée malienne.
"La libération s'est faite de manière conjointe jusqu'aux abords de Kidal, où là, on a bloqué les Maliens", déclare le président malien, soulignant que l'armée avait pu montrer à l'inverse sa capacité à maintenir l'ordre dans les régions de Gao et de Tombouctou, où les djihadistes étaient aussi présents.
"Pour un ami de la France comme moi, j'assiste avec beaucoup de dépit à un reflux de l'enthousiasme envers la France dans la population malienne qui avait applaudi l'intervention française au début de l'année. Aujourd'hui, les Maliens s'interrogent".
Interrogé sur le fait de savoir si la France avait fait une erreur en nouant des contacts avec le MNLA, "IBK" estime qu'il s'agit de "plus que des contacts" mais il "n'impute pas cette doctrine" à François Hollande, qu'il connaît depuis 30 ans.
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Le président malien lie également l'enlèvement et l'assassinat des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon à l'absence de l'armée malienne à Kidal, en proie à la violence, soulignant que les ravisseurs avaient passé quatre barrages contrôlés par les rebelles pour atteindre leur cible.
"Si l'armée malienne avait été là, libre de ses mouvements, je pense qu'il en aurait été autrement (...) Laisser croire qu'un soutien au MNLA peut conduire à résoudre des prises d'otages est d'une naïveté déconcertante", dit-il.
"La communauté internationale nous oblige à négocier sur notre sol avec des gens qui ont pris des armes contre l'Etat. Je rappelle que nous sommes un pays indépendant", poursuit-il.
"RESPONSABILITÉ HISTORIQUE"
Le représentant du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid, a estimé mercredi que la France portait une "responsabilité historique pour trouver une solution" afin de maintenir la paix.
"Nous sommes venus ici pour tirer la sonnette d'alarme. Si Paris ne prend pas un décision courageuse et responsable, malheureusement, nous risquons de nous retrouver dans une situation dommageable", a-t-il dit à la presse mercredi.
Le mouvement touareg a récemment rompu le cessez-le-feu instauré en juin par l'accord de Ouagadougou, estimant que ses termes n'étaient pas respectés par Bamako après des heurts entre forces de l'ordre et manifestants à Kidal.
"Il n'y a pas eu d'avancée significative et c'est dommage. Nous ne voyons pas la volonté politique avérée et prouvée par des actes de la part de Bamako", a-t-il ajouté.
La France a envoyé depuis le mois de janvier 3.000 soldats au Mali pour stopper la progression à travers le pays de mouvements islamistes qui menaçaient la capitale Bamako.
La France accueille mercredi un forum économique dédié à l'Afrique avant l'ouverture vendredi d'un sommet sur les thèmes de la paix et de la sécurité sur le continent.
Marion Douet, avec John Irish, édité par Yves Clarisse
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