John Kerry tente de rassurer Israël au sujet de l'Iran
reuters.com
reuters.com
par David Brunnstrom
JERUSALEM (Reuters) - En visite à Jérusalem pour une nouvelle relance du processus de paix israélo-palestinien, John Kerry a réaffirmé jeudi après une rencontre avec Benjamin Netanyahu que la sécurité d'Israël figurait en tête des priorités des Etats-Unis.
Le secrétaire d'Etat américain a assuré le Premier ministre israélien que les principales sanctions contre l'Iran seraient maintenues malgré l'accord intérimaire de Genève sur le nucléaire iranien.
"Les sanctions de fond concernant le pétrole et la banque restent tout à fait en place. Ça n'a pas changé. Et nous allons accentuer nos efforts de mise en oeuvre via le département du Trésor et les agences concernées aux Etats-Unis", a déclaré John Kerry à la presse.
"Je ne dirai jamais assez que la sécurité d'Israël dans cette négociation est une priorité pour nous et que les Etats-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour s'assurer que le programme nucléaire iranien, les capacités d'armement inclus dans le programme, prennent fin", a-t-il ajouté.
Benjamin Netanyahu, qui a qualifié d'"erreur historique" l'accord intérimaire conclu sur le nucléaire iranien, estime, lui, que des mesures doivent être prises pour éviter une dilution des sanctions prises contre Téhéran.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Il faut prendre des mesures pour prévenir une nouvelle érosion des sanctions", a déclaré le chef du gouvernement israélien, pour qui un Iran doté de l'arme nucléaire constituerait une menace mortelle pour Israël.
Les deux hommes se sont efforcés toutefois de faire bonne figure devant les caméras et les objectifs des photographes.
Leurs services ont publié des photos les montrant souriants lors d'une conversation privée, et devant les journalistes John Kerry a utilisé le sobriquet affectueux de "Bibi" pour parler de Benjamin Netanyahu.
L'hostilité d'Israël au compromis de Genève a relancé les rumeurs, entretenues régulièrement par des allusions de Netanyahu, sur d'éventuelles frappes aériennes de Tsahal sur les installations nucléaires iraniennes.
"QUELQUES PROGRÈS"
De nombreux experts estiment toutefois qu'Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région, ne dispose pas des moyens en armements conventionnels pour infliger des dégâts durables aux sites iraniens, éloignés géographiquement, dispersés et bien défendus.
Il est également peu probable que les dirigeants israéliens se risquent dans une telle opération alors que le principal allié de l'Etat juif a choisi d'emprunter à nouveau la voie diplomatique vers l'Iran.
John Kerry a dit son espoir de pouvoir visiter durant son séjour la base aérienne de Palmahim, près de Tel Aviv, symbole de l'imposante aide financière et militaire de Washington à l'Etat juif.
Ce site abrite entre autres le centre opérationnel du système Arrow d'interception de missiles balistiques. "Je veux voir par moi-même cette technologie remarquable que notre pays a bâti pendant vingt ans ici avec nos amis israéliens", a dit John Kerry.
Rassurant sur l'Iran, le chef de la diplomatie américaine s'est voulu par ailleurs modérément optimiste sur les chances de succès des pourparlers de paix israélo-palestiniens.
"Nous avons toujours su que c'était un chemin difficile, compliqué (...). Je pense que nous sommes en train de faire quelques progrès", a-t-il déclaré.
Prenant en compte les inquiétudes d'Israël relatives à sa sécurité dans le cadre d'une rétrocession des territoires occupés pour permettre la création d'un Etat palestinien, John Kerry a dit qu'il avait soumis à Benjamin Netanyahu "certaines réflexions au sujet de ce défi particulier de la sécurité." Il n'en a pas dit plus.
Le chef de la diplomatie américaine devait se rendre ensuite en Cisjordanie pour y rencontrer Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne.
Pascal Liétout pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters.com