Au Venezuela, premier test électoral pour Nicolas Maduro
reuters.com
reuters.com
par Andrew Cawthorne
CARACAS (Reuters) - Gouvernement et opposition présentent chacun comme un enjeu national les élections municipales dimanche au Venezuela, qui constitueront le second scrutin de l'année après l'élection en avril du président Nicolas Maduro à la succession de son mentor Hugo Chavez.
Théoriquement, l'élection des 337 maires et des 2.523 conseillers municipaux devrait se résumer à des questions de portée locale, mais les municipalités sont dans les faits un relais essentiel des politiques menés au niveau national, étant données les sommes élevées reçues du gouvernement de Caracas.
Depuis la victoire serrée de Nicolas Maduro à l'élection d'avril, contestée par son adversaire Henrique Capriles, la popularité des deux hommes semble avoir baissé, même si les instituts de sondage témoignent d'une frilosité inhabituelle à donner des estimations tranchées.
L'image du gouvernement de Nicolas Maduro, qui a décrété que le 8 décembre serait chaque année consacré à la mémoire de Hugo Chavez, décédé en mars, souffre d'accusations de corruption, auxquelles s'ajoutent pour la population des pénuries de produits de première nécessité comme le lait ou le papier toilette.
En début de semaine, une panne de courant généralisée, attribuée par les autorités à un sabotage, a encore plongé une grande partie du Venezuela dans le noir.
L'OPPOSITION VISE CARACAS
Pourtant, l'opposition peine elle aussi à susciter l'enthousiasme, et Henrique Capriles, après son échec à rendre crédible sa contestation du scrutin d'avril, risque de pâtir de la popularité d'une offensive populiste du gouvernement qui a contraint par la force le mois dernier de nombreuses boutiques à baisser leurs prix.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"L'opposition avait une occasion rêvée de remporter de peu une victoire, en raison de la chute de la popularité de Maduro", estime Luis Vicente Leon, responsable d'un institut de sondage. "Néanmoins, les récents événements (...) pourraient jouer en sa faveur."
Il ne fait guère de doute que la majorité des municipalités resteront fidèles au gouvernement, vu sa force dans les zones rurales, mais l'opposition compte prendre le contrôle de grandes villes comme Caracas et Maracaibo, dans l'ouest, et séduire le plus grand nombre d'électeurs.
La campagne s'est déroulée dans une ambiance tendue.
L'opposition, dont un candidat a été tué par balles sans que l'on sache si le crime avait des motivations politiques, accuse les autorités d'instrumentaliser les médias et les fonds publics. Le gouvernement affirme que les adversaires de Nicolas Maduro disposent de soutiens du secteur privé et des Etats-Unis.
"L'année a été sinistre", regrette José Burgos, un pêcheur, dont le village est frappé depuis des mois par des pénuries de services et des manifestations. "J'ai hâte d'être à Noël et, franchement, je me fiche de savoir qui gagnera ici, à Ocumare. Je veux juste quelqu'un qui puisse maintenir l'électricité pour que mes poissons arrêtent de pourrir !"
Avec Diego Ore et Brian Ellsworth, Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters.com