Des rebelles islamistes s'emparent de bases de l'ASL en Syrie
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par Alexander Dziadosz et Dasha Afanasieva
BEYROUTH/ISTANBUL (Reuters) - Les rebelles syriens du Front islamique se sont emparés vendredi soir de bases et d'entrepôts de l'Armée syrienne libre (ASL), un réseau d'insurgés soutenu par l'Occident, a-t-on appris samedi auprès de l'opposition.
Les hommes du Front islamique, alliance de six groupes créée le mois dernier, ont pris le contrôle de bases de l'ASL à Bab al Haoua, à la frontière nord-ouest avec la Turquie.
Selon Rami Abdulrahman, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition syrienne basée à Londres, cinq combattants rebelles ont été tués dans les affrontements à Bab al Haoua, mais il n'a pas pu dire à quel camp ils appartenaient.
Selon un porte-parole de l'ASL, les combattants du Front islamique sont entrés sur le site après avoir dit qu'ils voulaient aider à en assurer la sécurité.
Ils ont ensuite demandé au personnel de s'en aller et ont remplacé le drapeau de l'ASL par le leur.
"Nous estimons que ces brigades sont nos frères, (nous espérons) qu'ils savent que nous ne sommes pas l'ennemi", a déclaré Louay Mekdad, porte-parole de l'ASL.
La rébellion contre le président syrien Bachar al Assad est affaiblie par des dissensions et la montée des islamistes radicaux, dont certains sont liés à Al Qaïda.
En outre, les grandes puissances occidentales ne veulent pas voir arriver au pouvoir des activistes qui pourraient retourner leurs armes contre des intérêts occidentaux.
RAID AÉRIEN
Mardi, le Front islamique a annoncé son retrait du commandement militaire de l'ASL, théoriquement chargé de coordonner la rébellion sur le terrain, et a critiqué sa direction.
Le Front islamique ne comprend aucun des deux affiliés syriens d'Al Qaïda, le Front al Nosra et l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), mais il comprend néanmoins des éléments radicaux qui ont des liens avec eux.
Vendredi, la Coalition nationale syrienne (CNS, opposition soutenue par l'Occident) a publié un communiqué d'un responsable de l'ASL minimisant le retrait du Front islamique et démentant l'existence d'un désaccord entre les deux groupes.
Mais les événements de Bab al Haoua, confirmé par des activistes se trouvant dans le secteur, soulignent l'ampleur de la tâche des Occidentaux qui souhaitent réunir les groupes rebelles sous le commandement de l'ASL et mettre sur la touche les groupes les plus radicaux.
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L'OSDH, qui dispose d'un réseau d'informateurs dans toute la Syrie, fait également état de combats entre l'Etat islamique en Irak et au Levant et le Front al Nosra vendredi dans la ville de Rakka dans le nord-est de la Syrie. Il s'agit de la plus grande ville à être tombée aux mains des rebelles.
Une unité loyale au Front al Nosra a tué un combattant saoudien de l'EIIL qui ne s'était pas arrêté à un des points de contrôle, indique l'OSDH. Des combats ont alors commencé, mais n'ont apparemment pas fait de victimes.
Par ailleurs, un raid aérien a fait au moins 20 morts, dont huit enfants et neuf femmes, à Bezaa dans la province d'Alep, indique l'OSDH.
Danielle Rouquié pour le service français; Pour cette nouvelle en anglais
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