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Le dispositif français passe à 1.600 hommes en Centrafrique

reuters.com

Publié le 07 décembre 2013 à 15:34 - Mis à jour le 08 décembre 2013 à 09:00

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PARIS (Reuters) - Le dispositif militaire français en République centrafricaine a été porté à 1.600 hommes, vingt-quatre heures après le déclenchement de l'opération Sangaris par le président François Hollande.

Le chef de l'Etat l'a annoncé samedi à l'issue du sommet franco-africain de Paris sur la paix et la sécurité en Afrique.

"Jeudi soir, il y avait 600 militaires français. Hier soir il y en avait 1.000, ce soir il y en aura 1.600", a-t-il dit.

"C'est un chiffre qui demeurera autant que nécessaire pour cette mission. Cette force va se redéployer le plus rapidement possible et partout où il y a des risques pour la population."

Initialement, il n'était question que de 1.200 hommes, qui étaient déjà à pied d'oeuvre à la mi-journée, selon l'état-major des armées françaises.

Le ministère français de la Défense explique cette montée en puissance par la nécessité de précipiter le déploiement de la mission Sangaris pour mettre fin aux exactions qui ont éclaté ces derniers jours en Centrafrique, notamment à Bangui.

"Nous avons anticipé notre opération de soixante-douze heures. Il était urgent de sécuriser Bangui, sa population et les lieux qu'on nous signalait et de montrer des signes de déploiement rapide en province, là où avaient été signalées des exactions", dit-on dans l'entourage du ministre, Jean-Yves Le Drian.

François Hollande a assuré samedi soir, dans une interview accordée à Radio France Internationale, TV5 et France 24, que ce chiffre de 1.600 hommes était définitif. "Il n'y en aura pas davantage. Ça suffira", a-t-il dit.

DES SOLDATS FRANÇAIS À BOUAR

Ce dispositif a pour mission, aux côtés d'une force africaine, la Misca, de rétablir la sécurité dans ce pays en proie au chaos depuis un coup d'Etat en mars dernier.

"Aujourd'hui, nous avons en République centrafricaine cinq compagnies de combat, plus une composante aéromobile (quatre Puma et deux Gazelles), plus des moyens de soutien, de logistique et de commandement", déclarait à la mi-journée à Reuters le porte-parole de l'état-major des armées.

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Ces forces ont commencé à se déployer hors de Bangui, vers le nord du pays et, à partir du Cameroun, dans l'ouest.

"Les moyens de combat prépositionnés au Cameroun ont franchi la frontière et ont entamé des missions de reconnaissance vers l'Est", a précisé le colonel Gilles Jaron.

Il s'agit d'un escadron d'aide à l'engagement spécialisé dans la reconnaissance, fort d'environ 200 hommes et équipé de véhicules blindés légers et véhicules de l'avant blindés (VBL et VAB), qui avaient été débarqués il y a quelques jours à Douala.

Le Cameroun étant situé à l'ouest de la Centrafrique, ces missions se déroulent dans la partie occidentale du territoire centrafricain, où il y a notamment eu des affrontements fin octobre, à Bouar, qui ont fait une cinquantaine de morts.

L'entourage du ministre de la Défense a confirmé que des soldats français en provenance du Cameroun étaient à Bouar.

Les forces françaises ont aussi lancé des reconnaissances "vers le nord du pays", a déclaré le colonel Gilles Jaron.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré vendredi que des soldats français se déploieraient aussi à Bossangoa, où les tensions menacent de dégénérer en conflits interconfessionnels, à 300 km au nord de Bangui.

DÉPLOIEMENT PRÉVU À BOSSANGOA

Selon François Hollande, ce déploiement à Bossangoa devait être effectif dès samedi soir. "Dans un certain nombre de villes, quand la population voit arriver des soldats français, ils sont accueillis comme des libérateurs", a-t-il ajouté.

Selon Laurent Fabius, les forces françaises doivent par ailleurs se charger de deux routes stratégiques, l'une montant vers le Nord et le Tchad, l'autre allant vers le Cameroun.

Le contingent français a été complété vendredi soir par l'arrivée de France d'une compagnie d'infanterie parachutiste d'un peu moins de 200 hommes, a précisé Gilles Jaron.

La présence des soldats français dans Bangui, notamment sous la forme de patrouilles à pied, a été multipliée par trois, a-t-il également dit.

"Nous patrouillons sur les axes principaux et nous avons augmenté le nombre de patrouilles à pied", dont certaines avec des éléments de la composante militaire de la Misca.

Celle-ci est forte aujourd'hui d'environ 2.500 soldats et devait initialement recevoir le renfort d'un millier d'hommes. Mais l'Union africaine a finalement décidé samedi de porter ses effectifs à 6.000 militaires.

Selon le colonel Jaron, 3.000 à 4.000 civils centrafricains sont venus à proximité immédiate de l'aéroport de Bangui se placer sous la protection des soldats français qui y sont basés.

"Il n'y a plus d'affrontements systématiques et directs entre des groupes armés. Il y a encore eu aujourd'hui des tirs sporadiques, dans la nuit. La situation reste tendue", a conclu le porte-parole de l'état-major des armées.

Près de 400 personnes sont mortes depuis jeudi à Bangui de violences qui ont pris un tour confessionnel entre chrétiens et musulmans, selon la Croix-Rouge.(voir )

Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau, édité par Guy Kerivel

reuters.com

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