Le Premier ministre thaïlandais propose un référendum
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BANGKOK (Reuters) - Le Premier ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra a proposé dimanche de soumettre son avenir à référendum et promis de démissionner si elle était désavouée alors qu'une dernière grande manifestation de l'opposition est prévue lundi pour la contraindre à démissionner.
L'opposition est mobilisée en Thaïlande depuis la présentation en octobre d'un projet d'amnistie dont aurait pu bénéficier Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck et lui-même ancien Premier ministre. Il s'est auto-exilé à Dubaï pour éviter une condamnation en 2008 pour corruption mais il reste très impliqué dans la vie du gouvernement de sa soeur.
Dimanche, le Parti démocrate, le principal parti d'opposition, a annoncé que ses 153 élus à la Chambre des représentants, où le parti de Yingluck Shinawatra dispose d'une confortable majorité, démissionneraient et participeraient à la manifestation de lundi.
"Le Parti a voté à l'unanimité la démission de tous les députés démocrates parce que nous ne pouvons pas travailler avec les députés du gouvernement", a déclaré un porte-parole à la télévision. "Ce gouvernement n'a pas de pouvoir légitime".
La chambre basse compte 500 députés.
Dans son allocution télévisée, Yingluck Shinawatra a expliqué que le gouvernement cherchait à mettre un terme à un conflit qui dure depuis plus d'un mois.
DERNIÈRE MANIFESTATION
"Nous devrions organiser un référendum de sorte que le peuple puisse décider de ce que nous devons faire", a déclaré Yingluck Shinawatra.
Le chef des manifestants anti-gouvernement, Suthep Thaugsuban, qui sait que Yingluck Shinawatra risque de l'emporter en cas d'élections, a demandé la création d'un "conseil du peuple" constitué de "bonnes personnes" pour remplacer le gouvernement.
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Yingluck Shinawatra a rejeté l'idée, l'estimant inconstitutionnelle et non démocratique.
Elle n'a pas donné de précision sur le référendum envisagé tout en soulignant qu'une telle consultation était conforme à la constitution.
"Je veux écouter les propositions des manifestants. Je ne suis pas accrochée à ce titre", a-t-elle dit. "Je suis prête à démissionner et à dissoudre le parlement si c'est ce que veut la majorité du peuple thaïlandais."
Suthep Thaugsuban a appelé à une dernière manifestation lundi pour contraindre la chef du gouvernement à démissionner. Il a dit à ses partisans qu'ils devaient reprendre le pouvoir à ce qu'il qualifie de régime Thaksin illégitime mais que s'ils ne réussissaient pas à chasser le gouvernement lundi, il abandonnerait le combat.
Jusqu'ici, le gouvernement n'a pas ordonné d'usage massif de la force contre les manifestants. Yingluck Shinawatra a dit aux journalistes samedi que la police ferait preuve de retenue en cas de tentative d'occupation de bâtiments publics, y compris de ses bureaux au siège du gouvernement.
Khettiya Jittapong; Danielle Rouquié pour le service français
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