Hamid Karzaï durcit encore le ton pour un accord avec Washington
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Hamid Karzaï durcit encore le ton pour un accord avec Washington
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PARIS (Reuters) - Le président afghan Hamid Karzaï accuse les États-Unis d'agir en puissance coloniale et réitère ses conditions à la signature d'un traité de sécurité avec Washington, dont la date limite pourrait être le mois de février.
Dans un entretien au Monde publié mardi, il exige à nouveau la fin des opérations des forces spéciales américaines contre des maisons afghanes et une implication accrue de Washington dans le processus de paix.
"Ma responsabilité est d'obtenir des garanties que l'accord servira les intérêts de l'Afghanistan. Tant que je n'aurai pas ces garanties, je n'autoriserai pas la signature", explique-t-il.
Le président afghan refuse de signer l'accord régissant la présence des troupes américaines après leur retrait officiel du pays en 2014 tant que ses exigences ne seront pas acceptées par Washington.
Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, qui a passé récemment deux jours à Kaboul sans voir Hamid Karzaï, a laissé entendre que la date limite pour la signature de l'accord serait la réunion ministérielle de l'Otan fin février 2014.
Mais pour Hamid Karzaï, les Américains ne se comportent pas actuellement en alliés, mais en adversaires, notamment en encourageant, selon lui, les entreprises et les capitaux à quitter le pays.
"Attaquer les maisons afghanes est l'acte d'un adversaire. Lancer une guerre psychologique contre le peuple afghan est l'acte d'un adversaire", dit-il.
Prié de dire si les États-Unis se comportent comme une puissance coloniale, il répond : "Absolument. Les menaces qu'ils lancent 'nous ne paierons pas les salaires, nous vous conduirons à la guerre civile ou dans une situation de non-paix', ce sont des menaces."
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Le président afghan estime que les États-Unis sont en position de favoriser des négociations de paix en raison de leurs "contacts secrets" avec les taliban.
"Quand j'étais à Washington en janvier, et que nous négocions la paix avec les États-Unis, les Américains parlaient au nom des taliban", assure-t-il.
Depuis son arrivée à la présidence de l'Afghanistan, en 2001, Hamid Karzaï s'est régulièrement livré à des passes d'armes verbales avec Washington et, peut-être soucieux de l'héritage qu'il laissera au terme de son deuxième et dernier mandat, entend se maintenir au centre du jeu au moins jusqu'à la fin de son mandat.
Mais son refus de signer l'accord validé à la quasi-unanimité des quelque 3.000 membres de la Loya Jirga, l'assemblée traditionnelle des chefs tribaux et des notables, suscite des réserves dans son propre camp.
Gérard Bon, édité par Yves Clarisse
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