L'Egypte invitée à mettre fin à l'impunité de la police
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par Tom Perry
LE CAIRE (Reuters) - Des défenseurs des droits de l'homme ont demandé mardi au gouvernement intérimaire égyptien mis en place par l'armée de diligenter une enquête sur la mort d'un millier de manifestants tués par la police pendant la dispersion de campements de partisans du président déchu Mohamed Morsi l'été dernier.
Les autorités du Caire ont mené depuis une répression tous azimuts contre les Frères musulmans de Mohamed Morsi, arrêtant des milliers de leurs membres et presque tous leurs dirigeants, accusés pour la plupart d'incitation à la violence.
Treize organisations de défense des droits de l'homme ont déploré mardi dans un communiqué qu'aucune enquête n'ait encore été ouverte contre les membres des forces de sécurité qui se sont rendus coupables, selon elles, d'un "usage excessif et injustifié de la force létale" lors de la dispersion de deux campements pro-Morsi le 14 août au Caire.
"Une petite minorité de manifestants a utilisé des armes à feu ce jour-là mais la police a riposté de manière excessive en tirant à vue, bien au-delà de ce que permettent les lois internationales", dit le collectif, qui comprend Amnesty International, Human Rights Watch et les principales ONG égyptiennes.
Selon les chiffres compilés par Human Rights Watch, de 900 à 1.000 personnes ont été tuées le 14 août pendant la dispersion des sit-ins, notamment celui de la place Rabaa al Adaouiya.
"La mort de sept policiers pendant la dispersion du sit-in de Rabaa ne justifie pas la punition collective de centaines de manifestants et l'usage disproportionné de la force létale que l'on a vu ce jour-là", ajoute le collectif.
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Quatre journalistes, dont un cameraman britannique, avaient également été tués par balles.
"AUCUN ESPOIR D'ÉTAT DE DROIT"
Selon le ministère de l'Intérieur, les Frères musulmans entreposaient des armes dans leur campement, ce que démentent ces derniers. Mardi, un responsable du ministère a affirmé que la police n'avait pas fait un usage excessif de la force.
Pour les défenseurs des droits de l'homme, il n'y a "aucun espoir d'établir un État de droit" en Egypte tant que les forces de l'ordre continueront à bénéficier ainsi d'une totale impunité.
"Depuis près de trois ans (la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, NDLR), les gouvernements égyptiens successifs ont ignoré les appels à ce que justice soit rendue, alors que les brutalités policières et les morts qui en résultent n'ont cessé d'augmenter", a souligné Gasser Abdel Razek, directeur adjoint de l'Initiative pour les droits personnels, une ONG égyptienne sans lien avec les mouvements islamistes.
En dehors des violences du 14 août, 333 autres partisans de Mohamed Morsi et trois membres des forces de sécurité ont été tués au cours de quatre manifestations organisées par les islamistes depuis le coup de force de l'armée le 3 juillet, précise le communiqué du collectif.
Les autorités justifient cette politique de répression par les attaques et les attentats dont policiers et militaires ont régulièrement été la cible ces derniers mois, notamment dans la péninsule du Sinaï.
Des affrontements entre étudiants islamistes et policiers ont par ailleurs éclaté mardi sur les campus de plusieurs universités du pays.
La répression s'est récemment étendue aux jeunes à l'origine de la révolution de 2011 contre Hosni Moubarak. Une vingtaine d'entre eux vont être traduits en justice pour avoir défié une loi interdisant les manifestations adoptée le mois dernier.
Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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