Enrico Letta demande la confiance pour sortir l'Italie du chaos
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Enrico Letta demande la confiance pour sortir l'Italie du chaos
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par James Mackenzie
ROME (Reuters) - Enrico Letta a sollicité mercredi la confiance au parlement italien pour la troisième fois en deux mois en invitant les élus à soutenir son gouvernement sous peine de voir le pays "replonger dans le chaos".
Le président du Conseil issu du centre gauche a présenté une série de réformes économiques et institutionnelles censées tirer la troisième économie de la zone euro hors de la récession.
Ce vote de confiance a été rendu nécessaire pour entériner le départ de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, de la coalition gouvernementale. Mais Enrico Letta ne redoute guère de surprise grâce au soutien du Nouveau Centre droit, le parti créé par les berlusconiens dissidents.
Le vote doit avoir lieu avant 16h00 à la Chambre des députés et dans la soirée au Sénat. Le véritable test a déjà eu lieu le mois dernier quand le président du Conseil a obtenu la confiance au Sénat sur le budget 2014 avec 171 voix pour et 135 voix contre.
Ouvrant le débat à la Chambre des députés, Enrico Letta a estimé que l'Italie tournait le dos aux réformes depuis vingt ans et qu'elle ne pouvait plus se permettre d'attendre.
"Je suis déterminé à travailler avec tout ce que j'ai à ma disposition pour éviter que le pays ne retombe dans le chaos, pour un nouveau départ", a dit le président du Conseil sur fond de grogne sociale des "forconi" (fourches), des manifestants -agriculteurs, artisans, retraités- qui dénoncent la politique d'austérité gouvernementale.
METTRE FIN AU "BICAMÉRALISME PARFAIT"
Enrico Letta a déclaré que les 18 prochains mois seraient consacrés à un large éventail de réformes allant de la révision de la loi électorale à une baisse de la fiscalité pesant sur les ménages et les entreprises.
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Il s'est fixé comme objectif une croissance du produit intérieur brut de 1% en 2014 et de 2% en 2015.
Parmi les réformes politiques envisagées, Enrico Letta préconise la réduction du nombre des parlementaires, des mesures visant à résoudre les conflits de pouvoir entre les différents niveaux administratifs et la redéfinition des prérogatives du Sénat.
La chambre haute bénéficie aujourd'hui des mêmes pouvoirs que la Chambre des députés, ce qui est l'un des principaux facteurs de blocage institutionnel du pays en cas d'absence de majorité claire. Enrico Letta propose la fin du "bicaméralisme parfait" en retirant notamment aux sénateurs leur pouvoir de censure du gouvernement.
S'agissant du code électoral, le président du Conseil a souhaité qu'il soit "orienté vers des mécanismes majoritaires pour assurer le bon gouvernement du pays".
Sur le plan économique, Enrico Letta prône la réduction du déficit budgétaire et de l'énorme dette publique de la Péninsule -la deuxième plus grosse dette de la zone euro rapportée au PIB (133%)- la baisse des impôts, la lutte contre le chômage et le relèvement des investissements publics.
Il se prononce pour la poursuite des privatisations et suggère que les employés de la Poste ou d'autres entreprises publiques puissent y participer en achetant des actions.
Le président du Conseil souhaite la mise au point dans les prochaines semaines d'un pacte formel de coalition listant les priorités pour 2014. "Aujourd'hui, la coalition est différente, plus unie", s'est-il réjoui.
Des chiffres publiés mardi par l'Istat ont montré que l'économie italienne avait stagné au troisième trimestre, après deux années de contraction.
L'institut national de la statistique a toutefois prévenu que cela ne voulait pas dire que l'Italie était sortie de récession, qui se définit techniquement comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB.
Sur les marchés financiers, le pays bénéficie actuellement d'un répit après plusieurs années mouvementées. L'écart de rendement entre les obligations italiennes à dix ans et les Bunds allemands est tombé cette semaine à son plus bas niveau depuis plus de deux ans.
Benoit Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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