L'armée thaïlandaise accepte de rencontrer l'opposition
reuters.com
reuters.com
BANGKOK (Reuters) - L'état-major thaïlandais a accepté jeudi de rencontrer au cours du week-end le leader des manifestations antigouvernementales, Suthep Thaugsuban, après plusieurs semaines de discrétion de la part de la puissante armée de Thaïlande.
Le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, soeur de l'ancien chef du gouvernement Thaksin Shinawatra, actuellement en exil, a convoqué des élections anticipées le 2 février, en partie à la suite d'un rassemblement de 160.000 opposants devant le siège du gouvernement en début de semaine.
Le nombre de manifestants a depuis baissé dans les rues de Bangkok mais son initiative n'a pas calmé les opposants qui réclament sa démission et la mise sur pied d'un "conseil du peuple" non élu.
L'armée a publié jeudi soir un communiqué annonçant la tenue d'un séminaire samedi en présence du chef de l'état-major, Rayuth Chan-ocha, qui jouera un rôle de médiateur, de Suthep Thaugsuban, des chefs de l'armée de l'air, de la marine et de l'armée de terre, ainsi que d'autres "parties prenantes".
L'annonce de l'armée, qui avait dans un premier temps refusé de rencontrer dans la journée le chef de file de l'opposition, est difficile à interpréter, que ce soit comme signe de soutien ou réelle volonté de médiation. Les militaires ont par le passé été à l'origine de 18 coups d'Etat en Thaïlande.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Un petit groupe d'opposants est par ailleurs parvenu à pénétrer jeudi dans l'enceinte du bâtiment où se trouvent les bureaux du chef du gouvernement à Bangkok, mais en est sorti après quelques minutes.
Les contestataires, qui recrutent notamment au sein de l'élite royaliste de la capitale, veulent débarrasser le pays de l'influence de Thaksin Shinawatra, renversé par l'armée en 2006 et qui s'est exilé pour échapper à une peine de prison.
L'ancien chef du gouvernement, que beaucoup jugent toujours aux commandes par l'intermédiaire de sa soeur, jouit d'une immense popularité dans les zones rurales et tout parti se réclamant de lui a de bonnes chances d'être plébiscité.
Yingluck Shinawatra expédie en attendant les affaires courantes jusqu'aux élections anticipées lors desquelles elle a l'intention de briguer un nouveau mandat.
Amy Sawitta Lefevre, avec Aukkapon Niyomyat; Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser
reuters.com