Pour le pouvoir en Inde, l'homosexualité n'est pas un délit
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Pour le pouvoir en Inde, l'homosexualité n'est pas un délit
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NEW DELHI (Reuters) - Le parti du Congrès, formation au pouvoir en Inde, a manifesté jeudi de façon inattendue son mécontentement face à l'invalidation par la Cour suprême d'un arrêt, rendu en 2009 par une juridiction subalterne, qui dépénalisait dans les faits les rapports homosexuels.
Selon la Cour suprême, la Haute Cour de Delhi a outrepassé ses pouvoirs en rendant cette décision et seul le gouvernement peut changer la législation sur le sujet.
"La Haute Cour avait sagement supprimé une loi archaïque, répressive et injuste qui enfreignait les droits fondamentaux de l'homme, garantis par notre Constitution", a déclaré Sonia Gandhi, chef de file du Congrès, parti classé au centre gauche.
Les militants des droits des homosexuels, qui ont réagi par une série de manifestations après l'annonce mercredi de la décision de la Cour suprême, n'attendaient pas une prise de position aussi tranchée, d'autant que l'héritière de la dynastie Nehru-Gandhi est avare en déclarations publiques.
Ils pensaient que le Congrès ferait profil bas en vue d'élections législatives prévues d'ici six mois et pour lesquelles l'opposition conservatrice du Parti du Peuple (BJP) semble en bonne position.
"Nous sommes très, très heureux et agréablement surpris", a reconnu Arvind Narrain, un des avocats qui défendaient le maintien de la dépénalisation auprès de la Cour suprême.
Les propos de Sonia Gandhi, ainsi que des déclarations semblables d'un membre du gouvernement, pourraient encourager le Parlement à modifier l'article 377 du Code pénal indien, datant de l'ère coloniale sous domination britannique, que la Haute Cour de Delhi avait jugé contraire à la Constitution.
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Il rend passible de dix ans de prison les actes sexuels "contre nature", ce que les juristes interprètent généralement comme une référence, entre autres, aux rapports homosexuels.
Les organisations de défense des droits des homosexuels ont manifesté leur déception à l'annonce de la décision de la Cour suprême, d'autant que la juridiction a récemment rendu une série d'arrêts allant dans un sens contraire.
L'Onu a qualifié cette décision de violation du droit international, par la voix de Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme. Elle a dit y voir "une régression conséquente pour l'Inde".
Shyamantha Asokan, avec Stephanie Nebehay à Genève; Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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