L'opposition thaïlandaise veut un an pour réformer
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par Amy Sawitta Lefevre
BANGKOK (Reuters) - Si le gouvernement thaïlandais de Yingluck Shinawatra refuse de démissionner, le peuple le renversera pour le remplacer par un conseil non-élu qui restera environ un an au pouvoir, a promis vendredi Suthep Thaugsuban, chef de file du mouvement de contestation.
Sous la pression de ses opposants qui ont rassemblé 160.000 personnes lundi devant le siège du gouvernement, le Premier ministre, soeur de l'ancien chef du gouvernement Thaksin Shinawatra, actuellement en exil, a convoqué des élections anticipées le 2 février, ce qui n'a pas satisfait Suthep Thaugsuban.
Sachant que les partisans de Thaksin ont toutes les chances de remporter le scrutin, l'ancien député qui a renoncé à son siège pour prendre la tête de la contestation réclame la formation d'un "conseil du peuple" qui se substituerait donc au gouvernement.
"Plutôt que d'édicter des lois bénéfiques pour le peuple (...), ils ont dévoyé le système parlementaire pour le bien d'une seule catégorie, (...) pour blanchir Thaksin Shinawatra", a-t-il déclaré vendredi, évoquant le projet d'amnistie à l'origine de la crise politique.
L'issue la moins douloureuse passe selon lui par la démission de Yingluck Shinawatra et la formation de ce conseil du peuple qui entreprendra une série de réformes. A défaut, le peuple prendra tout simplement le pouvoir, a-t-il poursuivi, lors d'une conférence de presse organisée pour présenter son programme.
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"Quand nous aurons achevé (ce programme), d'ici 12 à 14 mois (...), tout rentrera dans l'ordre", a ajouté Suthep Thaugsuban.
L'état-major de l'armée thaïlandaise a accepté jeudi de le rencontrer ce week-end, mais a décliné l'invitation du gouvernement à un débat sur les réformes à entreprendre après les législatives anticipées.
Les contestataires, qui recrutent notamment au sein de l'élite royaliste de la capitale, veulent débarrasser le pays de l'influence de Thaksin Shinawatra, renversé par l'armée en 2006 et qui s'est exilé pour échapper à une peine de prison.
L'ancien chef du gouvernement, que beaucoup jugent toujours aux commandes par l'intermédiaire de sa soeur, jouit d'une immense popularité dans les zones rurales et tout parti se réclamant de lui a de bonnes chances d'être plébiscité.
Avec Panarat Thepgumpanat, Jean-Philippe Lefief pour le service français
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