La présidence chilienne promise à Michelle Bachelet
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par Alexandra Ulmer
SANTIAGO (Reuters) - Le second tour de l'élection présidentielle, ce dimanche au Chili, ne devrait être qu'une formalité pour Michelle Bachelet, qui s'apprête à retrouver le palais de la Moneda quatre ans après l'avoir quitté.
Au premier tour, le 17 novembre, la candidate social-démocrate qui faisait face à huit autres prétendants a recueilli 46,7% des voix, soit près de deux fois plus qu'Evelyn Matthei, membre de la coalition de droite sortante Alianza (25,03%), qu'elle affronte ce dimanche.
Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 08h00 (11h00 GMT), fermeront à 18h00 (21h00 GMT). Le suspense devrait être de courte durée, les premiers résultats étant attendus dans les deux heures suivant la fin des opérations de vote.
Aucun sondage national n'a été réalisé dans l'entre-deux tours, tant les jeux semblent faits. La seule inconnue réside dans la participation. Pour la première fois avec ce scrutin, le vote n'est plus obligatoire au Chili.
Michelle Bachelet, à qui la Constitution interdisait de briguer un deuxième mandat consécutif en 2010, est revenue à la vie politique chilienne après avoir dirigé Onu-Femmes, l'organisme des Nations unies pour l'égalité des sexes.
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Au cours de sa campagne, cette pédiatre de 62 ans a promis de réduire les inégalités et de réformer le système éducatif en y instaurant davantage de gratuité. Pour financer cette mesure, elle propose de porter l'impôt sur les bénéfices des sociétés de 20 à 25% et de supprimer des dispositifs d'optimisation fiscale.
"Il ne s'agit pas de choisir entre deux femmes, ainsi que la presse aime le dire. De profondes divergences nous séparent", a dit Bachelet lors de son dernier meeting électoral, jeudi.
Le Chili, premier producteur mondial de cuivre dont l'économie croît à un rythme annuel supérieur à 5%, connaît un développement spectaculaire depuis vingt ans qui a permis des avancées considérables sur la voie d'une éradication de l'extrême pauvreté, mais les inégalités persistent parmi ses 16,6 millions d'habitants. Elles furent au coeur du mouvement de contestation étudiante de 2011.
"DU CHANGEMENT, MAIS PAS TROP"
Michelle Bachelet a par ailleurs annoncé son intention de réformer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et de dépénaliser l'avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère ou de l'enfant à naître.
La mise en oeuvre de ces projets dépendra en grande partie du rapport des forces au Congrès. Sa Nueva Mayoria (nouvelle majorité) a remporté les législatives qui se sont déroulées en même temps que le premier tour, sans toutefois atteindre la majorité absolue.
Or, si la majorité simple suffit à modifier la fiscalité, une majorité qualifiée est en revanche requise pour réformer l'éducation et le code électoral.
Evelyn Matthei, ex-ministre du Travail âgée de 60 ans, s'inscrit, elle, dans la continuité de la politique économique libérale du président Sebastian Pinera (droite), qui comme Michelle Bachelet en 2010, ne peut se représenter.
Mais elle a été pénalisée par les liens ayant existé entre sa famille et la junte de Pinochet et handicapée par l'impopularité du pouvoir sortant ainsi que par les conditions de son investiture par la coalition de droite Alianza, après le désistement des deux premiers candidats successivement choisis.
Dans la dernière ligne droite, elle a affirmé que Michelle Bachelet souhaitait importer au Chili le modèle socialiste du Venezuela.
"Ils veulent changer la constitution pour ressembler au Venezuela, où chaque jour, il est plus difficile de se procurer à manger", a-t-elle dit, ajoutant en allusion aux pénuries qui marquèrent la courte expérience du pouvoir de Salvador Allende: "Cela ne vous rappelle-t-il rien ?"
Les deux candidates, qui ont voté tôt dans la matinée, ont appelé leurs concitoyens à se rendre dans les bureaux de vote.
"Les Chiliens sont fatigués et mécontents, et cela se verra dans le niveau de l'abstention", avance Pablo Salvat, professeur à l'université Alberto Hurtado, qui table sur une participation en recul par rapport au premier tour.
Avec Antonio De La Jara; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français
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