Un rapport dénonce la torture dans les prisons russes
reuters.com
reuters.com
STRASBOURG (Reuters) - Les risques pour une personne détenue en Russie d'être soumise à de mauvais traitements, voire à des actes de torture, reste important, sauf à Moscou ou Saint-Pétersbourg, affirme un rapport du Conseil de l'Europe publié mardi à Strasbourg.
Le Comité de prévention de la torture (CPT), qui rend compte d'une visite effectuée en mai et juin 2012 dans la Fédération de Russie, salue les efforts des autorités pour réformer l'administration de la police tout en soulignant le manque de résultats sur le terrain.
"La fréquence et la cohérence des allégations suggèrent que des méthodes de mauvais traitements ou de torture graves continuent d'être utilisées fréquemment par la police et d'autres fonctionnaires des forces de l'ordre, notamment en dehors de Moscou et de Saint-Pétersbourg", disent les experts.
Alors que le CPT a effectué 23 visites en Russie et rédigé 19 comptes rendus sur la situation dans les lieux de détention depuis l'adhésion du pays au Conseil de l'Europe, en 1996, ce rapport n'est que le troisième dont les autorités russes ont accepté la publication.
Comme dans d'autres pays, l'essentiel des violences est attribué à la police, au moment de l'arrestation.
Le CPT a visité des centres de détention de la police à Moscou, Saint-Pétersbourg, mais aussi en province.
Le rapport évoque des coups, des asphyxies, des chocs électriques, des brûlures infligés à des détenus parfois maintenus dans des positions douloureuses et des simulacres d'exécution.
Des détenus sont également victimes de violences de la part du personnel, "y compris par de hauts gradés", dans certains établissements pénitentiaires de la Fédération, ajoute le rapport.
Le CPT recommande aux autorités russes de "renforcer les actions de prévention des mauvais traitements du fait de la police ou de membres d'autres forces de l'ordre" et souligne l'importance de mener des enquêtes effectives sur ces actes.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse
reuters.com