L'opposition thaïlandaise boycottera les législatives
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par Wirat Buranakanokthanasan
BANGKOK (Reuters) - Le Parti démocrate thaïlandais, principale formation de l'opposition, a annoncé samedi qu'il boycotterait les élections législatives anticipées du 2 février, afin de ne pas légitimer l'exercice du pouvoir par le Premier ministre Yingluck Shinawatra.
On ne sait en revanche pas si le Parti démocrate, la plus vieille formation politique thaïlandaise, compte participer aux nouvelles manifestations prévues dimanche à Bangkok et présentées par leurs organisateurs comme un "coup d'Etat populaire" destiné à forcer au départ la chef du gouvernement, désigner à sa place un "conseil populaire" et suspendre les institutions.
Le mouvement, mené par Suthep Thaugsuban, lui-même membre du Parti démocrate, accuse Yingluck Shinawatra d'être sous l'emprise de son frère, l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil.
À l'issue d'une réunion, la direction du Parti démocrate, un parti à tendance monarchiste, a estimé à l'unanimité qu'une participation aux futures élections, consécutives à la dissolution du parlement, ne ferait que légitimer un système décrédibilisé par les dirigeants du pays.
"La vie politique thaïlandaise est en échec", a déclaré à la presse l'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva. "Le peuple thaïlandais a perdu confiance dans le système démocratique."
L'ARMÉE SE TIENT A L'ÉCART
Ce boycott annoncé laisse penser que les différentes forces favorables à la contestation, dont une partie de l'état-major, des classes moyennes de Bangkok et des fonctionnaires, chercheront à empêcher la tenue d'élections pour lesquelles le Pheu Thai, le parti de Yingluck Shinawatra, semble favori.
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L'armée, qui a mené 18 coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat au cours des 80 dernières années, s'est cependant tenue pour l'heure à l'écart de la crise même si elle a proposé sa médiation.
Le Pheu Thai représente aujourd'hui le clan politique dominé par la famille Shinawatra, qui a gagné toutes les élections depuis 2001 et s'est attiré dans les campagnes les faveurs de millions d'électeurs, en partie par l'instauration d'aides publiques généreuses.
Malgré l'unanimité affichée samedi, le Parti démocrate est récemment apparu divisé sur l'attitude à tenir face aux futures élections, car certains cadres craignent qu'un boycott ne décrédibilise le parti et le prive de représentation lors des quatre prochaines années.
Samedi, Yingluck Shinawatra, qui expédie les affaires courantes dans l'attente des élections, a reconnu que des réformes étaient nécessaires, mais elle a déclaré qu'elles ne seraient mises en oeuvre qu'après le scrutin.
"Le gouvernement se rend compte que le pays a besoin d'être réformé. Cependant, les réformes devraient obéir aux principes démocratiques", a-t-elle dit lors d'une adresse télévisée.
Elle envisage de mettre en place après les élections un "comité de réformes", composé de différentes parties prenantes à la crise, mais cette idée semble loin des revendications des manifestants antigouvernementaux.
Avec Apornrath Phoonphongphiphat; Henri-Pierre André et Julien Dury pour le service français, édité par Danielle Rouquié
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