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2013: une année à effacer pour Barack Obama

reuters.com

Publié le 22 décembre 2013 à 08:06 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:50

2013: une année à effacer pour Barack Obama

2013: une année à effacer pour Barack Obama

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PARIS (Reuters) - Barack Obama va devoir employer une grande partie de son énergie ces prochains mois à effacer les séquelles d'une calamiteuse année 2013 pour tenter de limiter la casse pour les démocrates aux élections parlementaires de novembre.

Le président des Etats-Unis, qui a inauguré en janvier son second mandat avec une cote de popularité frôlant les 60%, finit groggy après avoir encaissé une volée de coups sur le budget, les écoutes de la NSA et l'Obamacare.

Pour la première fois en cinq ans, Barack Obama a perdu la confiance d'une majorité d'Américains (53%), dans un sondage CNN rendu public en novembre, au point de lancer un inhabituel "mea culpa" à la télévision.

En cause, le lancement raté de la réforme emblématique de l'assurance maladie, pour laquelle il s'était longuement battu pendant son premier mandat, et surtout sa promesse non tenue de ne pas annuler les contrats d'assurance existants.

Pour les républicains, le cauchemar de l'Affordable Care Act ("loi sur les soins abordables") est devenu une aubaine.

Il en présente tous les avantages: fournir un argument massue contre les velléités redistributrices du chef de la Maison blanche, conforter l'aversion de la base pour la bureaucratie fédérale, réunir modérés et ultras au sein d'un Grand Old Party (GOP) profondément divisé.

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Les républicains n'iront pas chercher plus loin leur principal argument de campagne pour les élections de mi-mandat, qu'ils abordent avec l'objectif de conquérir le Sénat, après la Chambre des représentants qu'ils contrôlent depuis 2010.

Le GOP a fait ses calculs: il lui faut gagner six sièges à la chambre haute, 20 des 33 sièges en jeu appartiennent à des démocrates, et beaucoup sont tenus pour fragiles.

Les partisans affichés de l'Obamacare sont déjà la cible des attaques de leurs adversaires républicains et les élus démocrates prennent leurs distances avec le président.

COMPROMIS BUDGÉTAIRE

Avant le fiasco de l'Obamacare, les démocrates avaient pourtant les cartes en mains. Ils songeaient même à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants -il leur faut un gain net de 17 sièges- en profitant de la lassitude des Américains face aux disputes budgétaires à répétition, dont la responsabilité est majoritairement imputée aux républicains.

Ces querelles ont culminé avec le "shutdown", la fermeture des administrations fédérales, le 1er octobre, pour une période record de seize jours.

Le refus de tout compromis par les élus proches de la mouvance ultraconservatrice du Tea Party a conduit au blocage et une large majorité d'Américains souhaitent alors voir les démocrates reprendre le contrôle du Congrès.

La leçon a été retenue par l'état-major du GOP: mi-décembre, de nombreux républicains ont voté avec les démocrates un accord a minima plafonnant les dépenses publiques à un peu plus de 1.000 milliards de dollars par an en 2014 et 2015, qui préserve le pays de tout "shutdown" pendant deux ans.

Mais la sortie du bois de John Boehner, le président républicain de la Chambre des représentants, dénonçant des lobbies extrémistes "ayant perdu toute crédibilité" montre que la fracture au GOP reste toujours aussi vive entre les ultras du Tea Party et les pragmatiques comme Paul Ryan ou Chris Christie, qui se placent en vue de la présidentielle de 2016.

LA GAUCHE REVIENT

Le relèvement du plafond de la dette, question lancinante qui reviendra dès la rentrée, sur fond de primaires républicaines pour le scrutin de novembre, risque d'accentuer les divisions.

Toujours en chantier, la réforme de l'immigration est une autre source de dissension majeure dans l'opposition, entre élus à l'écoute de l'électorat latino et des milieux d'affaires favorables à la régularisation des sans-papiers, et ceux qui ne veulent pas "gracier" les clandestins.

Le texte, voté l'été dernier par le Sénat avec le soutien de Barack Obama, qui en a fait une priorité de son second mandat, définit un parcours de plusieurs années pour accéder à la citoyenneté américaine en échange d'un renforcement massif de la sécurité à la frontière mexicaine. Mais la Chambre tarde à se prononcer sur l'ensemble de la législation, qui devrait revenir en janvier à l'ordre du jour du Congrès.

Le sujet est l'un des chevaux de bataille de la gauche du Parti démocrate, qui a décidé de donner de la voix en se disant qu'après tout, si le Tea Party a réussi à "droitiser" le discours du GOP, elle parviendra à infléchir dans l'autre sens la politique gouvernementale et rappeler les engagements du président en matière de lutte contre les inégalités.

L'élection de Bill de Blasio à la mairie de New York, la fronde réussie par la sénatrice anti-Wall Street Elizabeth Warren contre la nomination de Lawrence Summers à la tête de la Réserve fédérale ont redonné de l'élan aux "liberals".

LES DÉGATS DE LA NSA

Le Parti démocrate espère aussi que l'Obamacare finira par se mettre en place au fil des mois et que le sujet n'en sera plus un à l'échéance électorale de la mi-novembre.

L'essentiel, soulignent ses stratèges, est d'obtenir des résultats économiques et l'amélioration du marché du travail -le taux de chômage est revenu à 7,0% en novembre, au plus bas depuis cinq ans- joue en faveur du parti présidentiel.

Le pilotage par la future patronne de la Fed, Janet Yellen, de la sortie du programme de rachats d'actifs mis en place en septembre 2012 pour relancer une économie terrassée par la crise financière de 2008 sera crucial pour l'exécutif.

Quant aux écoutes pratiquées à grande échelle par l'Agence nationale de sécurité (NSA), révélées en juin par Edward Snowden, si elles ont choqué les défenseurs de la vie privée et fait perdre au chef de la Maison blanche une partie de sa crédibilité auprès des jeunes, elles n'ont pas sérieusement entamé le crédit de l'administration.

Il en va autrement des répercussions du scandale au niveau international, où l'ampleur de la surveillance a placé Washington sur la défensive et conduit par exemple le Brésil à exclure Boeing d'un juteux contrat de l'armée de l'air.

Barack Obama s'efforcera de rassurer ses interlocuteurs étrangers au fil des prochaines semaines mais sa priorité reste la conclusion d'un accord sur le nucléaire iranien, seule chance pour lui d'inscrire un fait marquant à son actif quand sera l'heure de tirer son bilan en matière de politique étrangère.

Jean-Stéphane Brosse, édité par Gilles Trequesser

reuters.com

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