Offensive de l'armée pakistanaise à la frontière afghane
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par Maria Golovnina
ISLAMABAD (Reuters) - Les habitants de la région pakistanaise pachtoune du Nord-Waziristan ont accusé le gouvernement lundi d'avoir tué des dizaines de civils lors d'une opération militaire contre le mouvement taliban.
L'opération a commencé juste après l'attentat suicide du 18 décembre à un point de contrôle dans les montagnes du Nord-Waziristan, place force des islamistes taliban liés à Al Qaïda à la frontière avec l'Afghanistan.
Selon l'armée, 23 activistes ont été tués dans des affrontements avec les forces de sécurité dans la région de Mir Ali du Nord-Waziristan après l'attentat suicide.
Les autorités pakistanaises ont imposé un couvre-feu dans cette région mal contrôlée. Selon les habitants, de nombreuses personnes ont fui après plusieurs jours de bombardements par les hélicoptères de combat.
Muhammed Tayyab, un habitant, raconte qu'il a perdu trois de ses enfants et sa femme dans le bombardement.
"Le premier jour de l'attaque, un obus d'artillerie a touché la chambre où dormaient ma femme et mes enfants", raconte-t-il au téléphone. "Le gouvernement les a endormis à jamais."
Selon les habitants, il y aurait plusieurs dizaines de morts.
"Du premier jour de l'attaque jusqu'à maintenant, 70 civils ont été tués", a déclaré un responsable taliban de Mir Ali qui a requis l'anonymat. Il dit craindre des représailles de l'Etat.
CONVOCATION D'UNE "JIRGA"
"Des conducteurs de véhicules, des hôteliers et des commerçants ont été abattus directement et des dizaines ont été tués dans les bombardements contre la population civile", dit-il.
L'armée n'a pas répondu aux appels téléphoniques de Reuters demandant confirmation.
Les informations en provenance du Nord-Waziristan sont difficiles à vérifier de façon indépendante parce que les journalistes et les observateurs ne sont pas autorisés à travailler sur le terrain.
Les terres pachtounes le long de la frontière afghane n'ont jamais pu être totalement contrôlées par l'Etat.
Le commandant taliban Hafiz Gul Bahadur a déclaré que les insurgés répondraient en lançant une contre-offensive de grande ampleur contre les positions de l'armée si les attaques contre les civils n'avaient pas cessé lundi.
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Un responsable de l'administration du Nord-Waziristan a déclaré que des chefs tribaux et des représentants de l'armée avaient convoqué lundi une "jirga", une assemblée, pour tenter de négocier la fin des hostilités.
Selon les habitants, des corps ont été laissés à la vue de tous dans les villages de Mosaki et Hasukhel par les villageois terrifiés qui ont fui le secteur.
"Nous déplaçons nos familles pour les mettre en sécurité mais les mortiers et les obus de l'armée nous suivent", a déclaré Asad Sher, de Mir Ali. "Dites-nous s'il vous plaît où être en sécurité. L'armée est en train de démolir nos maisons et nos commerces."
Avec Jibran Ahmed à Peshawar; Danielle Rouquié pour le service français
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