Le projet de réforme du gouvernement ne convainc pas en Thaïlande
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Le projet de réforme du gouvernement ne convainc pas en Thaïlande
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par Apornrath Phoonphongphiphat
BANGKOK (Reuters) - Le Premier ministre thaïlandais, Yingluck Shinawatra, a présenté mercredi un projet de création d'un conseil indépendant chargé d'engager des réformes, sans pour autant convaincre ses opposants.
Dévoilé après plusieurs semaines de manifestations auxquelles ont participé jusqu'à 200.000 personnes, ce nouveau projet pourrait être mis en oeuvre rapidement et le gouvernement n'y jouerait aucun rôle, a déclaré Yingluck Shinawatra lors d'une allocution télévisée.
Avant d'annoncer la création de ce comité de réforme, elle avait convoqué des élections anticipées pour le 2 février, dans le but de contrer les opposants descendus dans la rue. Mais ceux-ci ont rejeté son offre de compromis et appellent au boycott du scrutin.
L'opposition reproche à Yingluck Shinawatra de n'être qu'une marionnette agissant pour le compte de son frère Thaksin, qui vit aujourd'hui en exil à Dubai.
Le projet dévoilé exposé mercredi prévoit la constitution d'un conseil de 499 thaïlandais éminents choisis au sein d'un groupe de 2.000 personnes et chargés d'étudier une réforme du système politique du pays.
Il s'apparente dans sa forme au "conseil populaire" réclamé par le chef de file des opposants, Suthep Thaugsuban, pour remplacer le gouvernement. A une différence près, mais de taille: dans le projet de Yingluck Shinawatra, le conseil de réforme fonctionnerait parallèlement à un gouvernement.
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"Ce conseil (...) ne serait pas dans l'ombre du gouvernement, ni sous son influence", a dit le Premier ministre.
L'OPPOSITION CRAINT L'INFLUENCE DE THAKSIN
"J'insiste sur le fait que le nouveau gouvernement élu assumera cela et qu'il mettra en oeuvre ce que décidera le conseil sur la meilleure manière de réformer la nation", a-t-elle ajouté.
Les manifestants souhaitent empêcher la tenue des élections anticipées car ils savent que le camp des Shinawatra est pratiquement certain de l'emporter, comme il l'a fait à chaque scrutin depuis 2011.
Tavorn Seniem, l'un des chefs de file des manifestants, a critiqué le nouveau projet gouvernemental en estimant que Thaksin Shinawatra s'efforcerait de faire entrer ses soutiens en masse au sein du conseil de 499 membres.
"Ce conseil travaillera dans l'intérêt du camp gouvernemental, pas dans celui de l'ensemble du peuple thaïlandais", a-t-il dit à Reuters.
Thaksin Shinawatra, un homme d'affaires milliardaire, a été chassé du pouvoir en 2006 par un coup d'Etat. Il vit depuis 2008 hors de Thaïlande, qu'il a quittée après avoir été condamné à deux ans de prison pour corruption, une décision de justice qu'il estime motivée par des griefs politiques à son encontre.
Une partie de la population, notamment dans le nord et le nord-est du pays, des régions rurales, lui reste toutefois fidèle.
L'opposition a toléré le gouvernement conduit par sa soeur Yingluck pendant ses deux premières années de mandat mais la situation s'est rapidement dégradée lorsque le parti de cette dernière a tenté, en novembre, de faire adopter un projet de loi d'amnistie qui aurait permis à Thaksin Shinawatra de rentrer en Thaïlande et d'y vivre libre.
Marc Angrand pour le service français
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