Nouveaux combats au Soudan du Sud, Machar accepte la négociation
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par Carl Odera et Aaron Maasho
JUBA (Reuters) - L'armée sud-soudanaise a cédé mardi du terrain face aux rebelles, sans doute proches de Riek Machar, dans la ville de Bor, alors que l'ancien vice-président a accepté de négocier avec le chef d'Etat, Salva Kiir.
Tout en soulignant qu'il n'avait pas accepté une offre de cessez-le-feu qui devait expirer dans la journée, Riek Machar a annoncé qu'il enverrait une délégation de trois personnes à Addis-Abeba pour mener des pourparlers avec Juba. L'Ethiopie a confirmé qu'elle attendait les rebelles dans la journée de mardi.
Le gouvernement sud-soudanais a également annoncé l'envoi d'une délégation en Ethiopie, même s'il a tenu à exclure tout partage du pouvoir avec Riek Machar.
"Nous y allons", a dit Barnaba Marial Benjamin, ministre sud-soudanais des Affaires étrangères.
Plus d'un millier de personnes sont mortes et près de 200.000 autres déplacées depuis le début, le 15 décembre, d'affrontements qui menacent de dégénérer en conflit ethnique entre membres des Nuer, dont est issu Riek Machar, et des Dinka, auxquels appartient Salva Kiir.
"La ville est toujours en partie entre nos mains, et en partie entre celles des rebelles", a déclaré Nhial Majak Nhial, maire de Bor, capitale stratégique de l'Etat de Jonglei, située à 190 kilomètres au nord de Juba la capitale.
Il a accusé les rebelles d'être dominés par les miliciens Nuer de "l'Armée blanche", qui ont affronté les forces gouvernementales lundi près de Bor, mais sur lesquels les rebelles officiellement loyaux à Riek Machar démentent tout contrôle.
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Le ministère de l'Information a confirmé que des combats avaient lieu et a précisé que les rebelles avaient avancé vers le centre de Bor, où des Nuer avaient massacré des Dinka lors d'affrontements ethniques en 1991.
ALERTE DE MSF
Sur le plan international, le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA), réuni lundi soir en Gambie, s'est dit consterné par les troubles qui agitent le plus jeune pays du monde, indépendant depuis 2011, et a menacé de prendre des sanctions.
"(Le conseil) exprime son intention de prendre des mesures appropriées, dont des sanctions ciblées, contre tous ceux qui incitent à la violence, notamment selon des critères ethniques, poursuivent les hostilités et sapent le dialogue d'ouverture envisagé", a déclaré le conseil de l'UA dans un communiqué.
Le président ougandais, Yoweri Museveni, a lui prévenu lundi que les pays concernés devraient intervenir et mettre en déroute Riek Machar s'il rejetait l'offre de cessez-le-feu.
Les autres pays de la région n'ont néanmoins pas confirmé qu'ils se préparaient à une action commune.
D'après l'ONG Médecins Sans Frontières, quelque 70.000 civils ont fui Bor et cherché refuge dans la ville d'Awerial, dans l'Etat voisin des Lacs, sans avoir accès à de la nourriture, de l'eau potable et des abris.
"Les conditions de vie de ces populations sont catastrophiques", dit MSF dans un communiqué.
Selon les chiffres de l'Onu, 75.000 personnes ont cherché refuge dans les bases des Nations unies, sur 180.000 déplacés au total.
Julien Dury pour le service français
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