Un ex-chef des renseignements rwandais tué à Johannesburg
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JOHANNESBURG (Reuters) - Patrick Karegeya, ancien chef des services de renseignement militaires rwandais devenu un opposant au président Paul Kagame, a été assassiné dans un hôtel de Johannesburg, annonce jeudi la police sud-africaine.
Accusé d'une tentative de coup d'Etat, il vivait depuis plusieurs années en Afrique du Sud, où il s'est exilé en même temps que l'ancien chef d'état-major de l'armée Faustin Kayumba Nyamwasa.
Les deux hommes, jugés par contumace, ont été condamnés à 20 ans de réclusion en 2011 par un tribunal militaire rwandais pour atteinte à la sûreté de l'Etat.
En 2011, l'Afrique du Sud avait rejeté une demande d'extradition formulée par le Rwanda à l'encontre de Nyamwasa, lequel est recherché également par l'Espagne et la France pour des crimes remontant aux années 1990.
Le corps sans vie de Patrick Karegeya a été découvert mercredi dans un lit d'hôtel des tours Michelangelo, où il était arrivé trois jours plus tôt semble-t-il, indique la police en ajoutant qu'il avait le cou enflé et qu'une serviette maculée de sang et une cordelette avaient été retrouvées dans le coffre-fort de la chambre.
Paul Ramakolo, membre d'une unité d'élite de la police sud-africaine, a confirmé le meurtre de Patrick Karegeya, qui était âgé de 53 ans. "Nous allons vérifier si c'est le résultat d'une strangulation ou d'autre chose", a-t-il déclaré.
Le Congrès national rwandais, qui siège dans l'opposition, avait auparavant annoncé la découverte du corps de Patrick Karegeya dans un hôtel où il s'était rendu pour une réunion.
"En tuant ses opposants, le régime criminel de Kigali cherche à intimider et à faire taire le peuple rwandais (...)", écrit le mouvement dans un communiqué daté du 1er janvier.
A Kigali, la présidence rwandaise s'est refusée à tout commentaire et la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, n'a pas pu être contactée.
Interrogé à la radio sud-africaine SAFM, l'ambassadeur du Rwanda en Afrique du Sud Vincent Karega a dit ignorer les circonstances de la mort de l'ancien chef des services de renseignement extérieurs. Il savait en revanche qu'il se trouvait depuis plusieurs années en Afrique du Sud, où l'asile lui a été accordé.
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Faustin Kayumba Nyamwasa a été blessé par balles en 2010 près de son domicile de Johannesburg et ses proches ont alors dénoncé une tentative d'assassinat commanditée par Paul Kagame.
Interrogé par Radio France internationale, il a lui aussi accusé Kigali de l'assassinat de Patrick Karegeya.
"Il ne fait aucun doute pour moi que le gouvernement du Rwanda est responsable de tout cela. Patrick Karegeya est réfugié, ici, en Afrique du Sud. Il n'a jamais eu aucun problème avec qui que ce soit dans ce pays. Qui d'autre que le président Paul Kagame, qui l'a pourchassé au cours des dix dernières années, voudrait voir Patrick Karegeya mort ? C'est un assassinat politique, comme le gouvernement du Rwanda en a toujours mené", a-t-il assuré.
Helen Nyambura-Mwaura, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français
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