Le candidat du pouvoir gagne la présidentielle malgache
reuters.com
reuters.com
par Alain Iloniaina
ANTANANARIVO (Reuters) - L'ancien ministre malgache des Finances Hery Rajaonarimampianina, soutenu par le président sortant Andry Rajoelina qui a pris le pouvoir par la force il y a quatre ans, a remporté le second tour de l'élection présidentielle, selon la commission électorale.
Les résultats partiels publiés le 1er janvier et contestés par son adversaire Jean-Louis Robinson, soutenu, lui, par Marc Ravalomanana, la victime du coup d'Etat de 2009, le donnaient déjà gagnant.
Hery Rajaonarimampianina a remporté 53,5% des suffrages lors du scrutin du 20 décembre, a annoncé vendredi la présidente de la commission électorale, Beatrice Atallah.
Jean-Louis Robinson, qui a obtenu 46,5% des suffrages, a demandé un nouveau dépouillement. Ses partisans ont déposé près de 300 recours devant l'instance judiciaire électorale qui doit statuer sur les résultats avant le 19 janvier.
"J'invite le peuple malgache à attendre les résultats définitifs en toute sérénité", a déclaré à la presse Hery Rajaonarimampianina. Interrogé sur les fraudes dénoncées par son adversaire, il a répondu: "C'est lui qui le dit, pas le peuple".
Jean-Louis Robinson n'a quant à lui pas réagi à l'annonce des résultats.
"Nous avons toujours dit qu'il y avait eu des fraudes électorales massives dans tout Madagascar", a toutefois rappelé Elyse Razaka, membre de con état-major de campagne.
DÉFIANCE
Le nouveau président de Madagascar va devoir restaurer la confiance des investisseurs internationaux, des touristes et des donateurs pour remettre sur pied une économie déstabilisée par les sanctions internationales imposées après le coup d'Etat de 2009.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"Le président élu devra se montrer prudent parce qu'il y a un risque réel d'instabilité. La prochaine administration sera fragile parce qu'elle ne sera pas très représentative de la population, vu la participation", a souligné une étudiante.
A pleine plus de la moitié des 7,9 millions d'inscrits se sont rendus aux urnes pour le second tour, ce qui témoigne de la défiance des Malgaches à l'égard d'une classe politique dont les affrontements ont aggravé la situation économique.
Des législatives dont les résultats sont toujours attendus étaient organisées en parallèle, le 20 décembre. La victoire relativement courte d'Hery Rajaonarimampianina laisse planer l'hypothèse d'une cohabitation qui ne serait pas propice à une sortie de la crise.
Andry Rajoelina, qui fait office de chef de l'Etat par intérim, n'a pas été autorisé à se présenter à la présidentielle.
Lalao Ravalomanana, l'épouse du président Marc Ravalomanana déposé il y a quatre ans par Andry Rajoelina, ne pouvait pas non plus participer au scrutin. Il en est de même pour Didier Ratsiraka, autre ex-chef de l'Etat.
Quant à Marc Ravalomanana, il ne s'est pas présenté. Son absence et celle du président Rajoelina sont censées contribuer au rétablissement de l'ordre.
Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français
reuters.com