Obama cible d'une charge de son ancien secrétaire à la Défense
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WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama doutait des chances de succès de la stratégie de sa propre administration en Afghanistan et cherchait avant tout à sortir de cette guerre, affirme Robert Gates, ancien secrétaire à la Défense du président démocrate dans ses mémoires à paraître la semaine prochaine, mais dont le Washington Post publie des extraits mardi.
Début 2010, alors qu'Obama vient d'ordonner une augmentation ponctuelle mais massive des troupes américaines déployées en Afghanistan à l'image du "surge" mis en oeuvre par George W. Bush en Irak, Robert Gates écrit qu'il en arrive très vite à la conclusion que le président "ne croit pas dans sa propre stratégie et ne considère même pas que cette guerre est pour lui".
"De son point de vue, ajoute-t-il, il s'agit seulement d'en sortir."
Robert Gates, nommé secrétaire à la Défense par Bush en 2006, a été maintenu par Obama à la tête du Pentagone jusqu'en 2011.
Dans son autobiographie "Duty: Memoirs of a Secretary at War" (Le devoir: mémoires d'un secrétaire à la Guerre), il ajoute qu'Obama était "sceptique sinon totalement convaincu" que la stratégie de son administration échouerait.
"Je n'ai jamais douté du soutien d'Obama à nos troupes, mais de son soutien à leur mission", écrit-il.
MISE À L'ÉCART
A la Maison blanche, le Conseil national de sécurité a réagi en indiquant qu'Obama "appréciait grandement" le travail accompli par Gates à la tête du Pentagone et qu'il "acceptait volontiers les divergences de vues au sein de son équipe de sécurité nationale qui lui permettent d'élargir ses options".
"Les réflexions sur notre politique afghane ont été largement portées à la connaissance du public tout au long de ces années, et on sait bien que le président était engagé à mener à terme la mission d'interrompre, de démanteler et de vaincre Al Qaïda tout en faisant en sorte que nous ayons un plan clair pour mettre fin à cette guerre, qui s'achèvera à la fin de cette année", ajoute le communiqué.
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Robert Gates, qui décrit le président démocrate comme un "homme intègre", reconnaît un peu plus loin qu'il a pris les bonnes décisions sur l'Afghanistan. Mais, indique-t-il, il se sentait mal à l'aise face aux guerres en Irak et en Afghanistan, toutes deux héritées de l'administration Bush, et se méfiait des généraux, doutant qu'ils lui fournissent toutes les options possibles.
Selon le Washington Post, Gates admet qu'il n'a pas recherché la confrontation avec le président alors qu'Obama était décidé à centraliser à la Maison blanche tous les aspects de la politique de sécurité et de défense.
"Sa Maison blanche était, et de loin, la plus centralisée et exerçant le plus grand contrôle en matière de sécurité nationale depuis Richard Nixon et Henry Kissinger", assure-t-il.
Il en veut notamment pour preuve la décision historique prise par Obama d'autoriser une homosexualité libre dans l'armée, jusque-là régie par la règle du "don't ask, don't tell" (ne rien demander, ne rien dire).
Le dossier, écrit-il, était en discussions depuis des mois mais Gates n'en a été informé qu'à la veille de l'annonce par Obama.
Peter Cooney et Jeff Mason; Henri-Pierre André pour le service français
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