L'armée sud-soudanaise annonce la reprise de Bentiu
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par Carl Odera
JUBA (Reuters) - L'armée sud-soudanaise a annoncé vendredi la reconquête de la ville de Bentiu, qui redonne aux partisans du président Salva Kiir le contrôle d'un secteur où la production pétrolière a cessé en raison des combats.
"Cela (la reconquête) est effectif depuis cet après-midi à 14h30 (12h30, heure de Paris)", a dit Philip Aguer, porte-parole de l'armée. "Quand vous contrôlez Bentiu, vous contrôlez l'ensemble des champs pétrolifères de l'Etat de l'Unité", a-t-il ajouté.
La nouvelle de la prise de Bentiu n'a pas été confirmée de source indépendante.
Du fait de la progression des rebelles ces dernières semaines, la production de pétrole du Soudan du Sud avait diminué d'un cinquième, soit 45.000 barils par jour (bpj). Elle était tombée à 200.000 bpj, produits dans l'Etat du Nil supérieur.
Bentiu est une des deux capitales provinciales que tenaient les rebelles de Riek Machar. Ils contrôlent toujours Bor, capitale de l'Etat de Jonglei et enjeu des combats en cours.
Les violences ont commencé à Juba, la capitale, à la mi-décembre pour se propager ensuite dans le reste du pays, divisant ce tout jeune Etat entre les forces qui soutiennent le président Salva Kiir, de l'ethnie des Dinkas, et les partisans de l'ancien vice-président Riek Machar, de la tribu des Nuers.
RAID DE L'AVIATION OUGANDAISE ?
Les rebelles de Riek Machar accusent l'aviation ougandaise d'avoir mené des raids en territoire sud-soudanais les 8 et 9 janvier.
L'Ouganda a démenti avoir mené de tels raids, mais de sources militaires ougandaises au fait des opérations on dit être au courant d'attaques aériennes, ajoutant que 1.500 à 1.800 soldats ougandais se trouvent en territoire sud-soudanais.
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"Dans la région de Bor, nos soldats soutiennent le SPLA (armée sud-soudanaise) dans sa dernière offensive pour reprendre la ville", a dit un officier ougandais à Reuters. "Hier (jeudi), nos MiG ont effectué deux bombardements dans ce secteur."
En Ouganda, le président Yoweri Museveni, qui a dit que les pays d'Afrique de l'Est devraient "battre" Riek Machar s'il rejetait toute trêve, est l'objet de critiques pour avoir déployé des troupes en territoire sud-soudanais sans demander le feu vert du Parlement.
Des troupes ougandaises sont d'ores et déjà stationnées à l'aéroport de Juba et gardent le palais présidentiel, à la demande du pouvoir sud-soudanais.
L'AIDE INTERNATIONALE ENTRAVÉE
De leur côté, les Nations unies ont accusé vendredi les rebelles et le gouvernement sud-soudanais de faire obstacle à l'aide apportée pour remédier à la crise humanitaire provoquée par les combats entre factions rivales.
Les éléments fidèles à Riek Machar ont pillé des entrepôts, réquisitionné des véhicules d'ONG caritatives et mis à sac des biens à Bor et à Bentiu, a déclaré la Minuss (Mission des Nations unies au Soudan du Sud).
Dans le même temps, les autorités gouvernementales ont perturbé les vols des Nations unies acheminant des fournitures pour les casques bleus et pour les hôpitaux et ont contraint certaines patrouilles de casques bleus à rebrousser chemin.
"On constate des violations manifestes de l'accord qui fixe le cadre de la présence des Nations unies au Soudan du Sud(...)", a déclaré Hilde Johnson, chef de la Minuss.
Les combats, qui ont fait plus de mille morts et chassé 230.000 personnes de chez elles, sont les plus graves qu'ait connu le Soudan du Sud depuis son accession à l'indépendance en juillet 2011.
Les deux camps, qui n'arrivent pas à s'entendre sur les conditions d'un cessez-le-feu, devaient faire connaître vendredi leurs suggestions concernant la proposition de trêve mise au point par les médiateurs aux négociations en cours à Addis-Abeba, en Ethiopie.
Washington a accru jeudi la pression en faveur d'un accord de trêve, en annonçant que le pays risquait de perdre des centaines de millions de dollars d'aide américaine si les belligérants ne déposaient pas les armes.
A l'Onu, Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix de l'Onu, a déclaré que les 5.500 casques bleus en train de se déployer au Soudan du Sud pour protéger les populations civiles devraient être opérationnels d'ici deux mois.
Après avoir fait un point devant le Conseil de sécurité sur la situation, il a déclaré que le but était d'avoir les soldats de la paix supplémentaires sur le terrain dans "entre quatre et huit semaines" et d'aller "le plus vite possible".
Avec Michelle Nichols et Patricia Zengerle à l'Onu,; Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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