L'EIIL regagne du terrain dans le nord-est de la Syrie
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L'EIIL regagne du terrain dans le nord-est de la Syrie
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par Khaled Yacoub Oweis
AMMAN (Reuters) - Les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont repris dimanche la majeure partie de Rakka, ville du nord-est de la Syrie dont ils avaient été chassés par d'autres islamistes, rapportent des opposants syriens.
Les combats entre l'EIIL et ses rivaux au sein de la rébellion, qui ont fait plusieurs centaines de morts ces dix derniers jours, ont ébranlé le mouvement dirigé par des miliciens étrangers.
Rakka, ville située à 385 km au nord-est de Damas sur le cours de l'Euphrate, est le seul chef lieu de province à être tombé entièrement entre les mains des opposants au régime de Bachar Al Assad. L'EIIL en a donc repris l'essentiel, mais des combats l'opposeraient toujours à d'autres mouvements djihadistes tels que le Front al Nosra dans certains quartiers, rapportent des opposants sur place.
Plus au nord, l'EIIL a également repris durant le week-end la ville de Tel Abiad, à la frontière avec la Turquie, ont-ils ajouté.
L'irruption de l'EIIL dans le conflit syrien inquiète les puissances occidentales qui poussent l'opposition à participer à la conférence de paix dite de "Genève II" programmée le 22 janvier.
Son émergence fait en outre le jeu du président Bachar al Assad, qui se présente comme le seul rempart crédible face aux extrémistes islamistes.
Selon Abdallah Farraj, membre de la Coalition nationale syrienne (CNS) et habitant de Rakka, les rebelles sont parvenus à chasser l'EIIL de certains secteurs de la province voisine d'Alep, mais ils auront du mal à reprendre Rakka et les zones rurales qui commandent l'accès aux voies d'approvisionnement vers le Nord.
"Les rebelles n'ont pas l'organisation ni la puissance de feu suffisante pour l'emporter. Il sera difficile de vaincre l'EIIL sans frappes militaires de la Turquie, par exemple", a-t-il estimé.
"L'EIIL A FAIT UNE GRANDE FAVEUR À ASSAD"
De nombreux combattants d'Ahrar al Cham, l'un des mouvements islamistes les plus puissants, ont renoncé à affronter l'EIIL parce que beaucoup de ses membres sont de la région et qu'ils n'ont pas de raisons de leur en vouloir, a quant à lui expliqué Abou Khaled al Walid, autre opposant interrogé dans la zone frontalière.
"Beaucoup ne voient pas pourquoi affronter leurs propres proches. L'EIIL contrôle maintenant 95% de Rakka et de ses environs. Il a également repris Tel Abiad", confirme-t-il.
Dans un communiqué, l'organisation invite les membres des tribus locales à quitter les unités qui la combattent. L'offensive dont elle est la cible vise à "détruire le noyaux du califat" et à promouvoir une alternative "barbare", ajoute-t-elle.
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L'EIIL s'était retiré de Rakka et d'autres villes du Nord après le lancement de cette offensive, il y a une dizaine de jours, mais il a pu se réorganiser pour reprendre l'initiative. L'expertise de certains de ses cadres, tels qu'Omar al Chichani, ont joué un rôle essentiel dans les succès du mouvement, dit-on dans les rangs de l'opposition.
Outre Rakka et Tel Abiad, il aurait repris les villages de Hreïtan et de Basraton, où ses combattants ont exécuté un chef des brigades Nour al Din Zanki, l'une des principales composantes de l'Armée des moudjahidine formée récemment dans la province d'Alep.
"L'EIIL a fait une grande faveur à Assad en tuant beaucoup de formidables chefs rebelles et le régime a choisi de l'aider en ne touchant pas aux zones dont il s'est emparées. Dès qu'ils se retirent, les bombardements reprennent", a assuré Abdallah al Cheikh, un opposant du Nord, selon lequel l'artillerie gouvernementale est à nouveau en action à Maarat, à Misrine et dans certains quartiers d'Alep.
Des combats entre unités de l'Armée syrienne libre (ASL), soutenue par les puissances occidentales, ont par ailleurs été signalés à Retaïane, près d'Alep, et à Ouroum, à l'est.
Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français
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