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L'affaire Hollande-Gayet inquiète les politiques

reuters.com

Publié le 13 janvier 2014 à 09:32 - Mis à jour le 14 janvier 2014 à 07:00

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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PARIS (Reuters) - Le monde politique français s'inquiète des conséquences politiques de la liaison présumée entre François Hollande et la comédienne Julie Gayet, qui a franchi un nouveau cran avec l'hospitalisation de sa compagne, Valérie Trierweiler.

La séparation entre vie publique et vie privée, traditionnellement mise en avant en France pour excuser les frasques des dirigeants politiques et invoquée lors de la publication des photos de Closer vendredi, est de moins en moins évoquée, dans l'opposition comme dans la majorité.

Si les membres du gouvernement et les dirigeants du Parti socialiste, parti du chef de l'Etat, s'y accrochent encore, le relatif consensus qui traversait jusqu'ici tout le spectre politique français est en train de craquer.

Officiellement, le ton reste détaché au PS, où l'on espère que la grande conférence de presse que donnera mardi François Hollande ne sera pas polluée par "l'affaire".

"Quand on demande aux Français si cela a une incidence sur leur jugement sur la politique, ou sur un gouvernement, ils disent 'non'", a dit lundi le porte-parole du parti, David Assouline, lors d'une conférence de presse. "Je suis d'accord avec eux : il faut que ce grand moment politique reste un grand moment politique."

Mais en privé, une certaine panique est perceptible.

"Les dégâts vont être considérables, ce sera un des marqueurs majeurs du quinquennat", dit un député socialiste. "La vie privée du président de la République, ça n'existe pas."

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a été un des premiers à ouvrir le feu, dimanche, en jugeant cette affaire "désastreuse pour l'image de la fonction présidentielle".

BESOIN DE CLARIFICATION

Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a pour sa part accusé le chef de l'Etat de "tartufferie".

"Tartuffe il l'est. Il est surtout victime de cette habitude de penser qu'il peut rouler tout le monde", a déclaré lundi ce chef de file du Front de gauche à LCI et Radio Classique. Avec lui, "la tartufferie est permanente", a-t-il insisté.

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"On voit bien qu'il y a un impact public au moins sur un plan : ça nous intéresse, la sécurité du président. On ne peut pas considérer que c'est son affaire privée de savoir s'il est en sûreté ou pas", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon.

Pour lui, un dirigeant à ce niveau doit savoir "bâtir un équilibre" entre "passions" et devoirs et François Hollande devrait être "davantage habité" par sa fonction".

"Ça continue d'affaiblir une fonction qui est déjà à terre", a estimé en écho le vice-président du Front national, Florian Philippot, sur France 2. "Et puis c'est vrai qu'au niveau international ça n'est pas très bon pour l'image de la France. Il faut qu'on tourne cette page assez vite."

Certes, 77% des Français interrogés par l'Ifop pour le Journal du Dimanche estiment que cette "affaire privée" ne concerne que François Hollande. Mais ce sondage a été effectué avant l'annonce de l'hospitalisation de Valérie Trierweiler.

En dehors des questions de sécurité, est également posée la question du statut de la compagne du président, qui a endossé depuis le début du quinquennat le costume de "Première dame", occupe des bureaux à l'Elysée et accompagne le chef de l'Etat dans de nombreux déplacements en France et à l'étranger.

L'entourage de cette journaliste a confirmé qu'elle avait été hospitalisée vendredi à la suite de la publication par le magazine "people" Closer de photographies donnant consistance à des rumeurs vieilles d'un an.

Selon son cabinet, cette hospitalisation durera le temps qu'il faudra. "Elle a besoin de récupérer après le choc qu'elle a subi. Il lui faut de la tranquillité."

TRIERWEILER "SONNÉE"

Selon le journaliste du Parisien Frédéric Gerschel, qui l'a contactée par téléphone dans la clinique parisienne, Valérie Trierweiler "est très sonnée, apparemment".

"Elle sent qu'il est tout à fait nécessaire d'avoir une clarification car on voit maintenant que le débat est un peu politique", a-t-il déclaré à RTL.

"Il y a aussi un aspect argent public", a ajouté Frédéric Gerschel. "Il est clair que si elle n'est plus Première dame, elle a tout à fait conscience qu'elle ne peut pas continuer à avoir un cabinet à l'Elysée."

Selon l'hebdomadaire Le Point et le journal sur internet Médiapart, l'appartement qui abriterait leurs retrouvailles serait au nom d'un acteur soupçonné de liens avec la bande corse dite de la "Brise de mer".

Le Monde paru lundi affirme que ce n'est pas le cas, même si cet homme y aurait habité, et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls déclare dans le quotidien n'avoir découvert que dimanche les détails de l'affaire, notamment sur l'aspect sécuritaire.

"Dans cette affaire, la sécurité du président n'a jamais été menacée, déclare-t-il. "Je n'ai pas à être au courant des déplacements du président. S'il décide d'aller dans un endroit, c'est de sa responsabilité."

Tous les analystes politiques s'accordent à estimer que les révélations de Closer et leurs suites pèseront lourdement sur la conférence de presse que François Hollande doit donner mardi.

Le chef de l'Etat devait la consacrer à l'explication du nouveau tour qu'il entend donner à sa politique économique, avec notamment la promesse d'un "pacte" avec les entreprises prévoyant des baisses de charges contre des embauches.

Plusieurs centaines de journalistes se sont fait accréditer et personne ne doute que la question de ses relations avec Julie Gayet et des suites qu'il entend leur donner sera posée.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

reuters.com

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