Cinglante réplique américaine aux propos d'un ministre israélien
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Un ministre israélien dénigre John Kerry, Washington réplique
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Un ministre israélien dénigre John Kerry, Washington réplique
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par Jeffrey Heller
JERUSALEM (Reuters) - Le ministre israélien de la Défense, le "faucon" Moshe Yaalon, s'est attiré mardi une vive réplique de Washington après des propos dénonçant les efforts de paix menés par le secrétaire d'Etat américain John Kerry.
"John Kerry - qui est venu nous voir plein de détermination et qui fait preuve d'une obsession incompréhensible et d'un sentiment messianique - n'a rien à m'apprendre sur le conflit avec les Palestiniens", a notamment déclaré Moshe Yaalon lors de conversations privées, selon le quotidien le plus vendu en Israël, Yedioth Ahronoth.
"La seule chose qui peut nous sauver, c'est que Kerry obtienne le prix Nobel de la paix et nous laisse tranquilles", a résumé Moshe Yaalon, toujours selon Yedioth Ahronoth.
Moshe Yaalon appartient à l'aile dure du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a dirigé l'armée israélienne jusqu'au retrait unilatéral israélien de la bande de Gaza en 2005, une décision d'Ariel Sharon à laquelle il était opposé.
Washington a vivement réagi à ces déclarations en parlant de propos "offensants".
"S'interroger sur les motivations du secrétaire d'Etat Kerry et déformer ses propositions, c'est quelque chose que nous n'attendions pas de la part du ministre de la Défense d'un proche allié", a déclaré Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche.
"Les propos du ministre de la Défense, s'ils sont exacts, sont offensants et inappropriés, étant donné, en particulier, tout ce que font les Etats-Unis pour soutenir les besoins d'Israël en matière de sécurité", a estimé la porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki.
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"Le secrétaire d'Etat Kerry et son équipe travaillent 24 heures sur 24 pour favoriser l'avènement d'une paix solide pour Israël, car le secrétaire d'Etat s'intéresse de près à l'avenir d'Israël", a-t-elle ajouté.
ÉVITER UNE CRISE
Yedioth Ahronoth écrit que Moshe Yaalon a tenu ces propos avant une des récentes visites en Israël de John Kerry, sans en préciser la date.
Après la parution de l'article, Moshe Yaalon, qui n'a pas démenti avoir en privé critiqué fortement l'action de John Kerry, a déclaré voir en Washington un allié de la plus haute importance.
De même, s'adressant mardi à des étudiants dans le sud d'Israël, Moshe Yaalon, sans faire allusion directe à l'article, a tenté de "limiter la casse" vis-à-vis de Washington :
"Même si des divergences et des frictions apparaissent au fil des différentes discussions, et il y en a, elles ne doivent pas affecter les intérêts communs et les objectifs partagés par Israël et par les Etats-Unis", a dit le ministre.
L'article a été publié quelques heures après le départ d'Israël du vice-président américain, Joe Biden, venu assister lundi aux funérailles de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon et qui s'est entretenu avec Benjamin Netanyahu.
Ce dernier, déjà en froid avec Washington sur la question des constructions de logements dans les colonies de peuplement, s'est employé à éviter une crise avec le plus proche allié d'Israël. "Même lorsque nous avons des désaccords avec les Etats-Unis, ils concernent toujours les questions en débat, et ne sont pas d'ordre personnel", a-t-il dit au parlement.
Le secrétaire d'État américain a multiplié ces derniers mois les navettes entre Israéliens et Palestiniens pour tenter de maintenir en vie des pourparlers de paix péniblement relancés l'été dernier sous son impulsion, après trois ans de hiatus.
Les deux camps ont affiché publiquement leur scepticisme sur la possibilité de parvenir à un accord dans le délai de neuf mois fixé par Washington.
LIVNI AU SECOURS DE KERRY
La ministre de la Justice, Tzipi Livni, qui dirige l'équipe de négociateurs israéliens, a volé au secours de John Kerry. "On peut critiquer les pourparlers de façon pragmatique et responsable sans fustiger et démolir les relations avec notre meilleur ami", écrit-elle sur son compte Facebook.
La colère de Moshe Yaalon a apparemment été provoquée par les "arrangements sécuritaires" proposés par John Kerry pour sortir de l'impasse sur la vallée du Jourdain, entre Jordanie et Cisjordanie, où Israël entend maintenir une présence militaire en cas de création d'un État palestinien.
"Abou Mazen (le nom de guerre du président palestinien Mahmoud Abbas-NDLR) ne survit que grâce à notre épée. Le jour où nous quitterons la Judée-Samarie (nom biblique de la Cisjordanie-NDLR), il est fini", a-t-il ajouté en laissant entendre que l'Autorité palestinienne ne serait pas en mesure de tenir tête à ses rivaux du Hamas sans l'aide de Tsahal.
Avec Maayan Lubell et Dan Williams à Jérusalem et Arshad Mohammed à Rome, Tangi Salaün, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français
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