France et Allemagne veulent innover en commun dans l'énergie
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par Marion Douet et Julien Ponthus
PARIS (Reuters) - L'Allemagne a saisi mercredi la main tendue par François Hollande pour renforcer la coopération entre les deux pays en matière d'énergie, qui devrait se concentrer sur l'émergence de secteurs innovants plutôt que sur des fusions d'industries.
Plusieurs sources industrielles françaises ont fait part de leur étonnement après l'annonce mardi de François Hollande, qui a évoqué lors de sa conférence de presse la création d'un "Airbus de l'énergie" sur le modèle du consortium fondé à la fin des années 1960 par la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni, sans donner plus de précisions.
Des premières propositions concrètes devraient être formulées lors du sommet franco-allemand du 19 février prochain, indique-t-on de source gouvernementale, évoquant les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et les réseaux.
"Sur certains marchés on peut rapprocher les capacités, on peut trouver des formes de coopération, cela ne veut pas dire mettre Siemens, Schneider, GDF dans une méga-compagnie", souligne-t-on.
Plutôt que la fusion de géants du secteur, la coopération franco-allemande devrait se concentrer sur des partenariats dans des technologies de rupture, ajoute-t-on de même source.
DES MARCHÉS D'EXPORT ?
Les pays qui développent les renouvelables sont confrontés à l'intermittence de ces énergies, dont la production ne peut être ni prévue, contrairement au charbon ou au nucléaire, ni stockée.
Les réseaux, sur lesquels France et Allemagne se vendent une part croissante de leur électricité, sont également amenés à s'adapter face à ce bouleversement.
"France et Allemagne sont confrontés à des défis auxquels seront confrontés tous les pays dans quelques années. Cela représente à la fois un marché pour la France, pour l'Allemagne mais aussi un marché à l'export", dit Mélanie Persem, directrice de l'office franco-allemand des énergies renouvelables.
En Allemagne, 67% du chiffre d'affaires de l'éolien est réalisé à l'export, environ 60% pour le solaire, ajoute-t-elle.
"Et il y a des technologies nouvelles, comme le stockage et les réseaux, pour lesquelles on est au même stade de développement. On peut avancer et les développer ensemble, d'autant plus que ce sont des entreprises qui sont parfois en difficulté et qui ont intérêt à s'allier", dit-elle.
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L'industrie européenne des panneaux solaires, mise à mal par la concurrence chinoise, ferait ainsi partie des pistes de coopération, soulignent les sources.
"Les deux pays font face à une faiblesse industrielle mais bénéficient de très grands potentiels de recherche", insiste Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables.
Il souligne que l'industrie solaire va beaucoup évoluer dans les prochaines années et que les technologies existantes sont loin des rendements maximum espérés pour ce secteur.
UNE COOPÉRATION DÉJÀ ACTIVE
L'office franco-allemand, crée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, a déjà été renforcé depuis l'élection de François Hollande et présenté comme un nouveau symbole de coopération du couple européen.
"La coopération franco-allemande se fait déjà au jour le jour, aujourd'hui la transition énergétique n'existerait pas, en France comme en Allemagne, sans l'aide des entreprises de l'autre", dit Mélanie Persem.
Elle cite notamment la présence du groupe français Alstom en Allemagne, où l'entreprise est chargée du raccordement d'environ 10% des objectifs fixés dans l'éolien off-shore.
Dans l'autre sens, Enercon a construit en France la première usine d'éoliennes, qui emploie quelque 500 salarié français.
Le solaire et l'éolien totalisent aujourd'hui 70 gigawatts de capacité installée en Allemagne, soit plus que le parc nucléaire français, mais le pays reste dépendant du charbon, très polluant, pour mener à bien sa transition énergétique.
La France, qui possède quatre fois moins de capacités en matière de renouvelables, s'est engagée par la voix de François Hollande à réduire sa dépendance au nucléaire, vieille de plusieurs décennies.
Une grande loi d'orientation sur l'énergie, plusieurs fois repoussée, est attendue à l'Assemblée nationale à la fin du premier semestre.
Avec Geert de Clercq et Benjamin Mallet, édité par Yves Clarisse
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