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L'Onu évoque un risque de génocide en Centrafrique

reuters.com

Publié le 16 janvier 2014 à 14:15 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:45

L'Onu met en garde contre un risque de génocide en Centrafrique

L'Onu met en garde contre un risque de génocide en Centrafrique

reuters.com

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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par Tom Miles et Paul-Marin Ngoupana

GENEVE/BANGUI (Reuters) - De nouvelles violences se sont produites dans la nuit de mercredi à jeudi à Bangui, en Centrafrique, où l'Onu a appelé la communauté internationale à intervenir plus massivement pour éviter un génocide.

Les forces françaises et africaines sont confrontées à une situation "presque impossible" à maîtriser, a déclaré le représentant français aux Nations unies, Gérard Araud.

Plus d'un mois après le début de l'opération française Sangaris aux côtés des forces africaines de la Misca, la situation reste volatile, au risque de fragiliser la reprise des discussions sur l'élection lundi prochain d'un nouveau président de transition après la démission la semaine dernière de Michel Djotodia.

Huit personnes ont été tuées mercredi à Bangui, selon des témoins, un bilan qui n'a pas été confirmé par l'armée française.

"En début de soirée mercredi, des éléments de la force Sangaris étaient en patrouille dans le nord de Bangui (...) quand ils ont été encerclés par une foule qui est devenue de plus en plus hostile", a dit à Reuters le porte-parole de l'état-major des forces armées, le colonel Gilles Jaron. "Ils ont cherché à se dégager de cette pression, ils ont été pris à partie, ils ont tiré deux grenades assourdissantes."

"Ils étaient en train de regagner leurs positions quand on leur a tiré dessus, les soldats ont riposté, les individus armés ont pris la fuite", a-t-il ajouté, précisant ne pas avoir connaissance de victimes.

Les tensions persistaient jeudi. Des habitants en colère ont tenté de mettre le feu à un convoi de musulmans tchadiens fuyant le pays, avant d'être dispersés par les forces de la Misca qui ont procédé à des tirs de sommation.

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HAINE

"La situation dans la capitale et en Centrafrique est éminemment complexe, elle est très volatile", a dit le général Francisco Soriano, commandant de la Force Sangaris, qui s'exprimait à Paris depuis Bangui par visioconférence. Mais "sur le plan sécuritaire les progrès sont là. La situation s'améliore, elle s'améliore lentement mais elle s'améliore."

"Les derniers incidents remontent à samedi dernier au moment de l'annonce du départ du chef de l'Etat. En ces périodes de vide politique, des incertitudes accentuent (...) les craintes."

Un porte-parole des "anti-balaka" ("anti-machettes"), milice principalement chrétienne opposée aux ex-rebelles de la Séléka en majorité musulmans, a critiqué jeudi les autorités provisoires du Conseil national de transition (CNT) et menacé de reprendre les armes.

Il a estimé que les anciens rebelles de la Séléka restaient trop nombreux au sein du CNT et que les représentants "anti-balaka" n'y étaient pas assez représentés.

"Si on ne trouve pas de solution, nous avons toujours nos machettes...", a déclaré à Reuters Sébastien Wenezoui dans le nord de Bangui, entouré d'une vingtaine de combattants armés de couteaux, de machettes et de fusils d'assaut Kalachnikov.

Les "anti-balaka" veulent défiler vendredi à Bangui pour dénoncer le projet de désignation d'un nouveau président intérimaire par le CNT actuel.

Le CNT doit voter sur le choix du nouveau président le 20 janvier, a annoncé sa vice-présidente Léa Koyassoum Doumta.

Sous la pression de la communauté internationale, Michel Djotodia, arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat mené par la Séléka en mars 2013, a été contraint à la démission la semaine dernière.

Le président par intérim, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a annoncé depuis un renforcement des mesures de sécurité pour tenter de mettre un terme aux affrontements qui se poursuivent entre ex-Séléka et miliciens chrétiens malgré la présence de 1.600 militaires français et quelque 4.400 soldats africains.

MISSION EUROPÉENNE

Les premiers éléments d'un contingent rwandais sont arrivés jeudi à Bangui à bord de deux avions de transport américains et devraient d'abord rester dans la capitale.

"En Centrafrique, je pense que nous avons peut-être sous-estimé la haine et le ressentiment entre communautés", a déclaré mercredi l'ambassadeur français aux Nations unies. Gérard Araud, lors d'une conférence sur les moyens d'empêcher les génocides organisée à l'occasion du 20e anniversaire du drame rwandais.

"Il s'agit d'une situation presque impossible pour les soldats africains et français. Nous devons réfléchir dans des termes très pratiques à la façon d'être efficace pour empêcher les gens de s'entre-tuer quand ils veulent désespérément le faire, envisageant le recours à des psychologues.

De retour de Centrafrique, le chef du bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu, John Ging, a lui aussi mis en garde contre un risque de génocide et appelé la communauté internationale à apporter une aide financière massive pour répondre aux besoins humanitaires criants du pays.

"Il y a là tous les éléments que nous avons constatés ailleurs, comme au Rwanda et en Bosnie. Les éléments sont en place là-bas pour un génocide (...)", a-t-il dit.

Pour John Ging, la crise était prévisible, évitable, et elle est le fruit de la négligence de la communauté internationale.

Il a cependant estimé qu'il était faux de parler de violences intercommunautaires, même si une minorité extrêmement violente cherche à élargir le conflit.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon doit remettre le mois prochain au Conseil de sécurité ses recommandations en vue du déploiement de casques bleus qui pourraient prendre le relais des troupes africaines.

Lundi prochain, ce sont les ministres européens des Affaires étrangères qui décideront de l'éventuel lancement d'une mission militaire européenne pour soutenir les interventions française et africaine en Centrafrique.

Avec Marine Pennetier, Eric Faye et Guy Kerivel à Paris

reuters.com

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