Kerry presse l'opposition syrienne pour Genève II et tance Damas
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par Arshad Mohammed et Lesley Wroughton
WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exhorté jeudi l'opposition syrienne à participer à la conférence de Genève II qui doit s'ouvrir mercredi et a déploré que Damas souhaite centrer l'ordre du jour sur la lutte contre le terrorisme.
La Coalition nationale syrienne (CNS), organe le plus représentatif de l'opposition en proie à de profondes divergences, doit se prononcer vendredi sur sa participation. Le Comité national de coordination, mouvement rival de la CNS formé de centristes dont certains, tolérés par Assad, vivent toujours à Damas, a fait savoir mercredi qu'il n'enverrait pas de délégation en Suisse.
Lors d'une intervention organisée à la hâte, John Kerry s'est élevé contre "le révisionnisme" dont l'ordre du jour du jour de la conférence fait selon lui l'objet.
"A tous ceux qui veulent réécrire l'histoire ou brouiller les pistes, je dis une fois de plus quel est l'objet de Genève II. Il s'agit d'entamer un processus essentiel à la formation par consentement mutuel d'une instance gouvernementale de transition (...) doté des pleins pouvoirs exécutifs", a-t-il poursuivi, rappelant l'objectif fixé en 2012 lors de la première conférence de Genève.
Pour les Etats-Unis, l'expression "par consentement mutuel" signifie que le président Bachar al Assad ne pourra jouer aucun rôle dans ce processus puisque l'opposition y est hostile.
Le secrétaire d'Etat, dit-on a Washington, réagissait à une lettre confirmant la participation du gouvernement syrien à la conférence, dans laquelle Damas insiste sur la lutte contre le "terrorisme".
PRIORITÉ À LA LUTTE ANTITERRORISTE, DIT DAMAS
La lettre en question, que le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al Moualem a adressée au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, indique par ailleurs que les autorités ne sont pas d'accord avec tous les objectifs rappelés dans l'invitation des Nations unies.
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Selon un exemplaire obtenu par Reuters auprès d'une autre délégation, l'invitation reprend le point principal de la "déclaration de Genève" adoptée en 2012 qui prévoit donc la formation d'un gouvernement de transition.
"La confirmation de la participation sera considérée comme un engagement en faveur des objectifs de la conférence (...) en accord avec la déclaration de Genève et, en particulier, avec les principes et les lignes directrices de la transition syrienne", peut-on y lire.
"Nous ne sommes pas d'accord avec certains points mentionnés dans la lettre pour la simple raison qu'ils sont contraires aux dispositions légales et politiques de l'Etat syrien et qu'ils ne répondent pas aux intérêts supérieurs du peuple syrien", écrit le chef de la diplomatie dans sa lettre à Ban Ki-moon.
"La priorité du peuple syrien reste la lutte contre le terrorisme (...) Nous invitons en outre les Etats soutenant le terrorisme à y renoncer et à cesser de financer, d'entraîner d'armer et de protéger des mouvements terroristes", ajoute-t-il, évoquant l'Arabie saoudite ou le Qatar, qui fournissent une aide aux rebelles.
Sans mentionner explicitement la lettre de son homologue syrien, John Kerry a clairement imputé la responsabilité des violences à l'administration de Bachar al Assad.
"Nul besoin de rappeler au monde que la Syrie est devenue un lieu attrayant pour les djihadistes et les extrémistes. C'est le plus attrayant de tous aujourd'hui pour le terrorisme. Cela va à l'encontre de toute logique d'imaginer que ceux qui l'ont brutalement rendue attrayante puissent sortir la Syrie de l'extrémisme pour la conduire vers un avenir meilleur", a-t-il estimé.
Avec Louis Charbonneau à l'Onu et Dominic Evans à Beyrouth, Jean-Philippe Lefief pour le service français
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