La Coalition nationale syrienne va se prononcer sur Genève II
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par Thomas Grove et Dasha Afanasieva
MOSCOU/ISTANBUL (Reuters) - La Coalition nationale syrienne (CNS), principale organisation de l'opposition en exil soutenue par les Occidentaux, devait se prononcer vendredi sur sa participation à la conférence de paix censée s'ouvrir le 22 janvier en Suisse.
Lors de cette conférence dite "Genève II", le régime de Damas compte parler avant tout de lutte contre le "terrorisme" plutôt que d'une "transition" politique.
Face aux divisions de l'opposition syrienne, très partagée sur une participation aux négociations, les Etats-Unis ont exhorté la CNS à se rendre la semaine prochaine sur les bords du lac Léman.
Le gouvernement de Bachar al Assad, apparemment soucieux d'aborder les discussions avec une image de marque moins négative dans les pays occidentaux, a proposé vendredi un cessez-le-feu local à Alep et un échange de prisonniers avec les insurgés.
Reste que l'ordre du jour des hypothétiques négociations de la conférence fait toujours débat, tant de la part du gouvernement Assad que de l'opposition.
La majorité des groupes rebelles qui combattent en Syrie n'approuvent pas les discussions prévues en Suisse.
Réunie vendredi à Istanbul, la CNS, qui a le soutien de l'Occident et des pays arabes, doit prendre une décision mais ses 120 membres apparaissent aux aussi très divisés.
Certains, qui exigent que le processus de paix contraigne Assad à s'en aller, ont déjà dit non aux discussions qui doivent se tenir à Montreux.
Le Comité national de coordination, mouvement rival de la CNS formé de centristes dont certains, tolérés par Assad, vivent toujours à Damas, a aussi fait savoir qu'il n'enverrait pas de délégation en Suisse.
LE "RÉVISIONNISME" DE DAMAS
Inquiet, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a lancé jeudi un appel solennel à la CNS.
"Les Etats-Unis appellent à un vote positif (...) La conférence paix de Genève n'est pas la fin mais plutôt le début, le lancement d'un processus (...) C'est le meilleur moyen pour l'opposition d'atteindre les objectifs du peuple syrien et de la révolution", a-t-il dit.
Il a également dénoncé le "révisionnisme" du gouvernement de Damas concernant l'ordre du jour de la conférence.
"A tous ceux qui veulent réécrire l'histoire ou brouiller les pistes, je dis une fois de plus quel est l'objet de Genève II. Il s'agit d'entamer un processus essentiel à la formation par consentement mutuel d'une instance gouvernementale de transition (...) doté des pleins pouvoirs exécutifs", a-t-il poursuivi, rappelant l'objectif fixé en 2012 lors de la première conférence de Genève.
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Pour les Etats-Unis, l'expression "par consentement mutuel" signifie que le président Bachar al Assad ne pourra jouer aucun rôle dans ce processus puisque l'opposition y est hostile.
François Hollande a tenu vendredi un discours similaire.
"(La conférence) doit avoir un objectif clair: permettre la transition politique", a dit le président français lors de ses voeux au corps diplomatique. "L'opposition démocratique qui veut prendre sa place dans la transition ne viendra que si c'est cet ordre du jour qui est retenu et aucun autre."
John Kerry, dit-on à Washington, réagissait à une lettre confirmant la participation du gouvernement syrien à la conférence, dans laquelle Damas insiste sur la lutte contre le "terrorisme".
La lettre en question, que le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, a adressée au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, indique par ailleurs que les autorités ne sont pas d'accord avec tous les objectifs rappelés dans l'invitation des Nations unies.
"LUTTE CONTRE LE TERRORISME"
Selon un exemplaire obtenu par Reuters auprès d'une autre délégation, l'invitation reprend le point principal de la "déclaration de Genève" adoptée en 2012 qui prévoit donc la formation d'un gouvernement de transition.
"La confirmation de la participation sera considérée comme un engagement en faveur des objectifs de la conférence (...) en accord avec la déclaration de Genève et, en particulier, avec les principes et les lignes directrices de la transition syrienne", peut-on y lire.
"Nous ne sommes pas d'accord avec certains points mentionnés dans la lettre pour la simple raison qu'ils sont contraires aux dispositions légales et politiques de l'Etat syrien et qu'ils ne répondent pas aux intérêts supérieurs du peuple syrien", écrit le chef de la diplomatie syrienne dans sa lettre à Ban Ki-moon.
"La priorité du peuple syrien reste la lutte contre le terrorisme (...) Nous invitons en outre les Etats soutenant le terrorisme à y renoncer et à cesser de financer, d'entraîner d'armer et de protéger des mouvements terroristes", ajoute-t-il, évoquant l'Arabie saoudite ou le Qatar, qui fournissent une aide aux rebelles.
Avec Alexander Dziadosz et Erika Solomon à Beyrouth, Tom Miles et Stephanie Nebehay à Genève, Jonathan Saul à Londres et Elizabeth Pineau à Paris; Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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