Les rebelles prennent un bastion des djihadistes en Syrie
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par Alexander Dziadosz
BEYROUTH (Reuters) - Les rebelles syriens engagés dans une offensive contre les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont délogé vendredi ces djihadistes affiliés à Al Qaïda de la ville de Sarakeb, l'un de leurs bastions dans le nord-ouest de la Syrie, rapportent des activistes.
Cette localité proche d'Idlib revêt une importance stratégique car elle se trouve au carrefour des autoroutes reliant Alep, la grande ville du nord de la Syrie, la capitale Damas et la cité méditerranéenne de Lattaquié, fief de la minorité alaouite dont est issu le président Bachar al Assad.
"(Les combattants de l'EIIL) ont brûlé leurs véhicules avant de se retirer et ils sont partis en bénéficiant des tirs de couverture d'une brigade qui leur est alliée", dit l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme proche de l'opposition basé en Grande-Bretagne.
Ces rebelles, dont beaucoup appartiennent au Front islamique, une large alliance regroupant certaines des plus puissantes brigades insurgées, tentaient depuis plusieurs jours de reprendre Sarakeb, autour de laquelle ils avaient massé des chars et des véhicules équipés de mitrailleuses.
D'après un activiste de Sarakeb, la position de l'EIIL s'est affaiblie lorsqu'une brigade alliée s'est retirée de la ville pour aller défendre la localité voisine de Sarmin, également assiégée par le Front islamique.
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Un commandant du Front al Nosra, lui aussi affilié à Al Qaïda mais concurrent de l'EIIL, a déclaré que ses hommes et ceux du Front des révolutionnaires syriens, autre mouvement rebelle, prendraient position sur les sites militaires et aux barrages de Sarakeb une fois que l'EIIL et le Front islamique se seront retirés d'un commun accord.
PLUS DE 1.000 MORTS, SELON L'OSDH
"La décision ne leur est pas revenue", a dit ce commandant via Skype. "C'est un bon résultat. Mettre fin aux affrontements, c'est toujours le meilleur résultat. Nous, à Nosra, ne prenons pas partie. Nous sommes contre l'agresseur dans tous les cas et malheureusement les deux camps s'attaquent l'un l'autre."
Un activiste de Sarakeb a confirmé cet accord mais d'autres ont exprimé leurs doutes.
Une coalition rebelle regroupant des islamistes et des laïcs a lancé début janvier une offensive contre les djihadistes de l'EIIL, qui tentent eux aussi de renverser Bachar al Assad mais dans le but de créer un Etat islamique chevauchant la frontière entre la Syrie et l'Irak.
Ces combats ont fait un millier de morts, selon l'OSDH, et ils ont permis aux forces gouvernementales de regagner du terrain autour d'Alep.
L'EIIL, dont le noyau est composé de djihadistes étrangers aguerris, s'est attiré l'hostilité d'une partie de la population dans les zones passées sous son contrôle en cherchant à imposer par la force sa lecture rigoriste de la loi islamique.
Il a aussi suscité le mécontentement des autres brigades rebelles par sa volonté hégémonique.
Bien qu'importante, la perte de Sarakeb n'annonce pas nécessairement une défaite globale de l'EIIL, qui contrôle toujours des pans de territoires dans le nord et l'est de la Syrie, dont Rakka, seule capitale provinciale échappant au régime Assad.
L'EIIL se défend face à cette offensive en ayant recours aux attentats à la voiture piégée et aux attaques suicide. Il a fait exploser quatre véhicules piégés contre ses adversaires jeudi et au moins un autre vendredi, selon l'OSDH.
Les djihadistes ont aussi repris la ville de Djarablous, près de la frontière avec la Turquie, après l'avoir perdue pendant quelques heures aux mains des autres rebelles.
L'OSDH ajoute que l'EIIL a détruit à l'aide d'explosifs un certain nombre de maisons appartenant à ses adversaires et a tué au moins 22 combattants issus de brigades rivales.
Bertrand Boucey pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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