Des corps carbonisés retrouvés à Bangui
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par Emmanuel Braun
BANGUI (Reuters) - La Croix-Rouge a annoncé mercredi avoir trouvé cette semaine onze corps, la plupart carbonisés, à Bangui, la capitale centrafricaine, victimes des affrontements entre les ex-rebelles de la Séléka, en majorité musulmans, et les miliciens chrétiens "anti-balaka".
De source militaire française, on dit par ailleurs que des soldats de la mission "Sangaris" ont été engagés dans des affrontements à Bangui dans la nuit de mardi à mercredi, après avoir été attaqués par des hommes non identifiés.
Le président de la Croix-Rouge centrafricaine, Antoine Mbao Bogo, a précisé que neuf des onze corps découverts dans le quartier PK11, surtout habité par des musulmans dans le nord de la capitale, avaient été brûlés.
"Ils n'ont pas été enterrés, ils ont été jetés à la rue derrière le camp militaire", a-t-il expliqué à Reuters.
Ces cinq derniers jours, la Croix-Rouge a trouvé 87 corps à travers le pays, a-t-il ajouté.
Selon un témoin, une foule de chrétiens armés de machettes et de bâtons s'est rassemblée mercredi dans le quartier de Ngaragba, près de l'ambassade de France, pour dénoncer la poursuite des attaques de la Séléka.
Les manifestants ont mis le feu à des pneus alors que les soldats français tentaient de les contenir.
Profitant de ces désordres, trois détenus se sont évadés de la prison centrale de Bangui.
La nouvelle présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, a annoncé mardi qu'elle allait ouvrir le dialogue avec les représentants des groupes armés pour tenter de ramener le calme dans le pays, où les violences ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés depuis début décembre.
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CONTINGENT EUROPÉEN
Un représentant de la Séléka a apporté son soutien à la présidente, élue lundi par le Conseil national de transition (CNT). Dès lundi, les miliciens anti-balaka avaient salué avec joie l'élection de Catherine Samba-Panza en remplacement de Michel Djotodia, ancien chef de la Séléka forcé à la démission le 10 janvier à la suite de pressions internationales.
Environ 100.000 civils fuyant les combats ont trouvé refuge dans un camp proche de l'aéroport international de Bangui. Eux aussi ont bien accueilli l'élection à la présidence de Catherine Samba-Panza, maire de la capitale depuis mai 2013, mais craignent toujours des attaques s'ils cherchent à rentrer chez eux.
Le ravitaillement de ces réfugiés est perturbé par une grève des conducteurs des camions de l'Onu.
Lundi, l'Union européenne a décidé d'envoyer sur place un contingent d'environ 500 hommes, sa première opération militaire d'importance depuis six ans.
La France a déployé début décembre les quelque 1.600 soldats de l'opération "Sangaris", sans parvenir à mettre fin aux violences ethniques et religieuses qui déchirent le pays.
Les dirigeants européens espèrent obtenir jeudi un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies afin de pouvoir déployer les premiers soldats d'ici la fin février.
La force européenne sera basée dans les environs de Bangui et devrait rester sur place pendant six mois avant de passer le relais à la force de l'Union africaine.
Avec Marine Pennetier à Paris, Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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