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Divergences massives sur le sort de Bachar al Assad à Genève II

reuters.com

Publié le 22 janvier 2014 à 09:31 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:44

Polémique autour de Bachar al Assad dès l'ouverture de Genève II

Polémique autour de Bachar al Assad dès l'ouverture de Genève II

reuters.com

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18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par John Irish et Stephanie Nebehay

MONTREUX, Suisse (Reuters) - La conférence internationale de paix qui s'est tenue mercredi à Montreux a mis face à face pour la première fois depuis le début du conflit syrien le gouvernement de Damas et l'opposition en exil mais a surtout exposé l'immense fossé qui les sépare.

Les Etats-Unis et la Russie, coparrains de cette réunion diplomatique sous l'égide des Nations unies, ont également fait étalage de leurs divergences d'approche sur la question de l'avenir du président Bachar al Assad.

Selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, les deux délégations syriennes ont pourtant promis de s'asseoir à la même table de négociations à partir de vendredi.

Le médiateur international, Lakhdar Brahimi, a précisé que les deux parties étaient prêtes à discuter d'un échange de prisonniers, d'un accès pour l'aide humanitaire et de cessez-le-feu locaux.

Pour le reste, à commencer par la mise en oeuvre d'une solution politique à la crise qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés ou de déplacés, les discours entendus mercredi n'incitent guère à l'optimisme.

Ahmad Djarba, chef de la délégation de l'opposition et président de la Coalition nationale syrienne (CNS), a accusé Assad de crimes de guerre rappelant l'Allemagne nazie et estimé que son maintien au pouvoir était inenvisageable.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem, a déclaré qu'Assad ne se plierait pas aux demandes extérieures et a demandé aux puissances étrangères de cesser de "soutenir le terrorisme" et de lever les sanctions contre Damas.

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Les Etats-Unis et la Russie n'ont pas non plus caché leurs positions divergentes sur le président syrien et leur interprétation du "communiqué de Genève I".

Adoptée le 30 juin 2012, cette déclaration appelait à la constitution d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs pour superviser le changement en Syrie "formé sur la base du consentement mutuel".

Le décalage de même que la virulence des propos de la délégation de Damas sont tels que des diplomates doutaient dans l'après-midi que Montreux, où chacune des délégations a pu exposer son point de vue sur la guerre civile, se transforme en négociations à partir de vendredi à Genève.

ÉTABLIR DE LA CONFIANCE

Le chef de la diplomatie russe a pourtant annoncé dans la soirée que les délégations du régime et de l'opposition allaient avoir à partir de vendredi des négociations directes qui devraient s'étendre sur une semaine environ.

Lavrov, qui s'est entretenu avec Moualem et avec Djarba, a exhorté l'opposition et les puissances qui la soutiennent à ne pas se focaliser sur le départ d'Assad, préconisant des mesures pour établir la confiance entre les deux camps.

"L'essentiel est d'entamer le processus", a-t-il argué. A l'en croire, les discussions auraient progressé sur un éventuel cessez-le-feu à Alep (nord) et des négociations similaires auraient lieu pour la ville de Homs (centre).

"Les questions relativement moins difficiles sont celles qui permettront d'établir la confiance, l'aide humanitaire, les échanges de prisonniers. Par ce biais, on pourrait créer une sorte de lien entre les deux délégations", a-t-il expliqué.

Mais à l'instar des opposants de la CNS, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a réaffirmé à la tribune de Montreux qu'Assad ne pouvait en aucune façon faire partie d'un gouvernement de transition.

"Nous ne voyons qu'une option: négocier un gouvernement de transition issu d'un consentement mutuel. Cela signifie que Bachar al Assad ne fera pas partie de ce gouvernement de transition", a-t-il dit.

L'Arabie saoudite, qui soutient l'opposition syrienne, a déclaré par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud al Fayçal, qu'il ne pouvait y avoir aucun rôle dans la phase de transition pour Assad dont les mains, a-t-il dit, sont "tachées de sang".

Il a appelé au retrait de toutes les forces étrangères de Syrie y compris des combattants chiites du Hezbollah libanais et des Gardiens iraniens de la révolution qui combattent aux côtés des forces d'Assad.

"L'espoir existe mais il est fragile. Nous devons continuer car la solution à l'épouvantable conflit syrien est politique et elle exige la poursuite des discussions", a estimé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

RÉINTÉGRER L'IRAN DANS LE JEU DIPLOMATIQUE

Ouvrant mercredi cette réunion formelle, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait demandé aux parties en conflit d'organiser un accès humanitaire, "immédiat et total", notamment dans les zones assiégées.

Il avait aussi appelé tous les intervenants à éviter tout propos susceptible de jeter de l'huile sur le feu.

En accusant les Etats arabes du Golfe d'avoir "exporté en Syrie des monstres à forme humaine abreuvés de l'odieuse idéologie wahhabite" et les insurgés syriens d'"éventrer les femmes enceintes et de les violer, vivantes ou déjà mortes", Walid al Moualem a surpris par l'agressivité de ses propos.

Lors d'un point de presse en fin d'après-midi, peu avant la fin de la conférence, Laurent Fabius soulignait que ses "élucubrations longues et agressives" contrastaient avec "la position responsable et démocratique du président de la Coalition".

Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, jugeait "stupéfiants et exaspérants" les propos du chef de la délégation de Damas. Si les représentants du régime ne font pas preuve d'intelligence, ajoutait-il, il sera difficile de progresser.

L'Iran, grande absente de Montreux - que l'opposition syrienne menaçait de boycotter si l'invitation faite à Téhéran n'était pas retirée -, a indiqué par la voix de son président, Hassan Rohani, qu'il ne fallait rien attendre de ce processus: "La réunion de Genève II a déjà échoué avant même d'avoir commencé", a-t-il dit.

Mais Washington n'exclut pas de ramener d'une manière ou d'une autre la république islamique dans le jeu diplomatique. "L'Iran a assurément une capacité à être utile et à faire la différence", a dit John Kerry.

Avec Tom Miles, Gabriela Baczynska, Dominic Evans, Samia Nakhoul, Khaled Yacoub Oweis, Lesley Wroughton et Mariam Karouny à Montreux; Guy Faulconbridge à Londres et Laila Bassam et Paris Hafezi à Ankara, Alexander Dziadosz et Stephen Kalin à Beyrouth; Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Bertrand Boucey

reuters.com

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