Shinzo Abe voit des échos de 1914 dans la rivalité sino-nipponne
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TOKYO (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a comparé les tensions actuelles entre Tokyo et Pékin à la rivalité entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne avant la Première Guerre mondiale, mais il ne considère pas un conflit entre les deux puissances asiatiques comme une possibilité, a souligné jeudi son porte-parole.
Les liens sino-japonais, depuis longtemps envenimés par l'occupation japonaise d'une partie de la Chine dans les années 1930 et 1940, se sont détériorés ces derniers mois autour du contentieux territorial des îles Senkaku-Diaoyu.
Tokyo s'inquiète publiquement de la hausse du budget militaire chinois et Pékin a dénoncé la visite, le mois dernier, du Premier ministre Shinzo Abe au mémorial controversé de Yasukuni, symbole pour la Chine de l'impérialisme nippon.
S'exprimant dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Shinzo Abe a déclaré mercredi que la Chine et le Japon sont dans une "situation similaire" à celle de la Grande-Bretagne et l'Allemagne avant 1914, rapportent le Financial Times et la BBC.
Le fait que les deux puissances entretiennent d'étroites relations commerciales n'a pas empêché le déclenchement du premier conflit mondial, a noté le Premier ministre japonais, ajoutant que l'augmentation du budget chinois de la défense était une source majeure d'instabilité pour la région.
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Shinzo Abe a aussi une nouvelle fois plaidé pour la mise en place d'un "téléphone rouge" entre Tokyo et Pékin.
Commentant ces propos, le secrétaire général du gouvernement Yoshihide Suga a assuré que Shinzo Abe ne signifiait pas qu'une guerre était possible entre les deux géants asiatiques, dont les échanges bilatéraux ont atteint 334 milliards de dollars en 2012 selon les statistiques nippones.
"J'ignore les détails des commentaires du Premier ministre", a dit Suga lors de son point de presse régulier. "Il a souligné qu'il fallait freiner une expansion militaire sans fin en Asie. Je crois que par ces mots, il a souligné l'importance de la paix et de la stabilité en Asie."
Dans un message diffusé jeudi à la presse chinoise à l'approche du Nouvel An, Shinzo Abe a déclaré que le Japon avait "bâti un pays libre et démocratique et choisi le chemin de la paix" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L'agence Chine nouvelle a de nouveau dénoncé jeudi la visite de Shinzo Abe au sanctuaire de Yasukuni en accusant le Premier ministre japonais "d'enflammer les tensions régionales à un point dangereusement proche de l'ébullition".
Kiyoshi Takenaka, Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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