Pas de pourparlers directs entre Syriens à Genève
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par Khaled Yacoub Oweis et Stephanie Nebehay
GENEVE (Reuters) - Le médiateur des Nations unies sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, a dû renoncer à réunir face à face vendredi à Genève les délégations du gouvernement syrien et de l'opposition, qui se rencontreront séparément.
L'émissaire de l'Onu a entamé en fin de matinée des discussions avec la délégation gouvernementale, conduite par le ministre des Affaires étrangères, Walid al Moualem, et rencontrera la délégation de l'opposition à 16h00 (15h00 GMT).
"Il n'y a pas de discussions syro-syriennes pour le moment. Je ne peux rien vous dire sur ce qui va se passer dans les prochains jours", a déclaré Alessandra Vellucci, une porte-parole de l'Onu.
L'opposition syrienne a fait savoir qu'elle n'accepterait pas de pourparlers directs avec la délégation conduite par Walid al Moualem tant que Damas n'aurait pas approuvé le communiqué de Genève sur la transition en Syrie, ce que le gouvernement de Bachar al Assad refuse.
"Nous avons explicitement demandé un engagement écrit de la délégation du régime acceptant Genève I. Sinon, il n'y aura pas de négociations directes", a dit un délégué de l'opposition, Haitham al Maleh.
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Présent en Suisse, le ministre syrien de l'Information, Omran Zoabi, a répété que Damas n'acceptait pas les exigences de l'opposition.
L'objectif est une première session de discussions qui durerait jusqu'à vendredi prochain "mais les attentes sont si faibles qu'on suit les événements au jour le jour", confie un diplomate occidental. "Chaque fois qu'ils se parlent, c'est déjà un petit progrès", a-t-il dit.
OBJECTIFS CONCRETS
Le communiqué de "Genève I" (30 juin 2012) prévoit de confier le pouvoir en Syrie à une autorité intérimaire dotée des pleins pouvoirs exécutifs, ce qui revient au départ du président Assad selon l'opposition soutenue par les Occidentaux, une interprétation contestée par Moscou.
La journée d'ouverture de la conférence de paix, dite de Genève II, mercredi à Montreux, sur les bords du lac Léman, a souligné la profondeur des divergences entre le gouvernement Assad et la délégation de la CNS.
Mais malgré l'âpreté des propos tenus - les deux parties se sont mutuellement accusées des pires atrocités -, les participants espèrent pouvoir sauver le processus de Genève II en se fixant des objectifs concrets visant à améliorer la vie quotidienne des populations civiles, à défaut de négocier d'emblée sur la nature du futur régime politique à Damas.
Selon Lakhdar Brahimi, les deux parties se disent prêtes à discuter d'un échange de prisonniers, d'un accès pour l'aide humanitaire et de cessez-le-feu locaux.
L'opposition syrienne a réaffirmé jeudi son refus total de voir Bachar al Assad jouer le moindre rôle dans le processus de transition en Syrie et a laissé entendre que Moscou pourrait "lâcher" le président syrien.
Avec Mariam Karouny, Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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