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Les discussions entre Syriens piétinent à Genève

reuters.com

Publié le 26 janvier 2014 à 16:12 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 14:43

Les discussions entre Syriens piétinent à Genève

Les discussions entre Syriens piétinent à Genève

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18 juillet 2026

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par Mariam Karouny et Dominic Evans

GENEVE (Reuters) - Les pourparlers entre des représentants du régime syrien et des opposants à Bachar al Assad ont repris dimanche à Genève, sans toutefois déboucher sur des progrès tangibles, notamment sur la libérations de prisonniers, même si Damas s'est dite disposée à améliorer la situation de la population civile de Homs.

Lakhdar Brahimi, le médiateur international, espérait que des accords sur des points concrets permettraient de créer un minimum de confiance entre les deux camps avant de basculer lundi sur les questions politiques, sur lesquelles les positions des uns et des autres sont diamétralement opposées.

En l'absence de percée notable lors de la réunion commune de la matinée, Lakhdar Brahimi s'est entretenu séparément dans l'après-midi avec les représentants des deux camps.

A l'issue de la réunion avec la délégation gouvernementale, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a assuré que Damas était disposée à laisser les femmes et les enfants quitter immédiatement le centre de Homs, assiégé depuis des mois par les forces de Bachar al Assad.

"Je vous assure que si les terroristes armés de Homs laissent les femmes et les enfants partir de la Vieille ville, nous leur laisserons la voie libre et non seulement cela, nous leur fournirons une protection, des médicaments et tout ce dont ils ont besoin", a dit Fayçal Mekdad à la presse.

"Nous sommes prêts à autoriser l'aide humanitaire à entrer dans la ville dans le cadre des accords et des arrangements conclus avec l'Onu", a-t-il ajouté.

L'opposition affirme que 500 familles ont un besoin urgent de nourriture et de médicaments à Homs, l'un des premiers foyers de la contestation contre le régime en 2011. Les rebelles de la ville demandent une levée totale du blocus. Dimanche, certains d'entre eux ont qualifié dans une vidéo de "traîtrise" les négociations de Genève.

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Les opposants avaient prévenu qu'ils considéraient la question de l'aide humanitaire comme un test de la sincérité du régime dans la négociation mais le choix par Fayçal Mekdad du terme "terroristes", le mot utilisé par le régime pour qualifier les rebelles, illustre le gouffre qui persiste entre les deux camps.

PAS D'ÉCHANGE DIRECT

Au lendemain d'une première série de pourparlers, les délégations de Damas et de l'opposition se sont à nouveau retrouvées face à face dimanche matin au Palais des nations à Genève. Rassemblées autour d'une table en forme de U, elles ne s'adressent pas directement la parole mais échangent par l'intermédiaire de Lakhdar Brahimi.

Les deux camps ne s'entendent même pas sur les faits les plus basiques.

Lakhdar Brahimi a ainsi indiqué que l'opposition avait soumis au régime une liste de 47.000 prisonniers et de 2.500 femmes et enfants dont ils réclament la libération.

Devant la presse, Fayçal Mekdad a répondu que le gouvernement avait examiné cette liste mais qu'il était parvenu à la conclusion que la plupart de ces personnes n'avaient jamais été détenues ou déjà libérées. Il a nié la détention d'enfants.

Interrogé sur les photos publiées cette semaine montrant des corps de quelque uns des 11.000 détenus qui, selon leur auteur, auraient été torturés et exécutés par le régime, le ministre a "catégoriquement" affirmé que ces documents ont été fabriqués.

L'agence de l'Onu qui tente depuis une semaine d'acheminer des vivres dans le faubourg de Yarmouk, à la lisière sud de Damas, a accusé de son côté les autorités syriennes d'entraver ses efforts malgré leurs promesses de collaboration.

Ancien camp de réfugiés palestiniens, Yarmouk abrite aussi des Syriens désormais. Il est tenu par les rebelles et assiégé depuis des mois par les forces gouvernementales. Quinze personnes y seraient déjà mortes de faim.

L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) affirme que les autorités syriennes lui ont garanti le 18 janvier qu'il pourrait distribuer de l'aide aux habitants de Yarmouk.

"L'office est extrêmement déçu par le fait que, pour le moment, les assurances fournies par les autorités ne sont pas étayées par des actes sur le terrain pour faciliter un accès rapide et régulier à Yarmouk", a dit un porte-parole de l'UNRWA, Chris Gunness.

Seulement 138 colis permettant de nourrir huit personnes pendant 10 jours ont pu être distribués, alors que 18.000 personnes sont bloquées à Yarmouk.

"ALICE AU PAYS DES MERVEILLES"

Les représentants du régime aux pourparlers de Genève contestent la stratégie des petits pas de Lakhdar Brahimi.

"L'autre partie est venue ici pour discuter d'un petit problème ici ou là. Nous, nous sommes là pour débattre de l'avenir de la Syrie", a dit Boussaïna Chaabane, conseillère du président Assad.

Les discussions porteront lundi sur les aspects politiques, a dit l'opposant Monzer Akbik, en insistant à nouveau sur la mise en oeuvre intégrale de la déclaration de Genève I, le nom donné à la première conférence de paix sur les rives du Léman.

Cette déclaration de juin 2012 appelle à la formation par consentement mutuel d'une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs. Cette formulation est interprétée de manières complètement divergentes par les opposants au régime et par les autorités syriennes. Les premiers considèrent qu'elle induit la mise à l'écart de Bachar al Assad, ce que rejettent catégoriquement les secondes.

"Si quelqu'un pense ou croit qu'il y a une possibilité de parvenir à ce qui est appelé la démission du président Bachar al Assad, cette personne vit dans un monde mythique et qu'elle reste alors chez Alice au pays des merveilles", a dit le ministre syrien de l'Information, Omran Zoabi.

Boussaïna Chaabane a abondé dans ce sens en jugeant que la déclaration de Genève n'était "pas le Coran, pas les Evangiles". "Elle a été formulée en juin 2012. Nous sommes désormais le 26 janvier 2014. La situation sur le terrain a changé. Nous évoluons en fonction de ce que la réalité exige."

Au cours de l'été 2012, les rebelles avaient pris le contrôle d'une grande partie d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie, et défiaient les forces d'Assad aux abords de Damas. Depuis, soutenues par les combattants du Hezbollah libanais et guidées par des commandants militaires iraniens, les forces gouvernementales ont regagné du terrain et consolidé leur contrôle sur le centre de la Syrie.

Avec Erika Solomon, Khaled Yacoub Oweis, William James et Steve Gutterman; Henri-Pierre André, Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français

reuters.com

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