Un discours sur l'état de l'Union à connotation électorale
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Un discours sur l'état de l'Union à connotation électorale
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par Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Dans le discours sur l'état de l'Union qu'il prononcera mardi, Barack Obama s'efforcera, en préconisant des mesures de soutien à la classe moyenne, de remobiliser l'électorat démocrate à l'approche d'élections à mi-mandat qui s'annoncent délicates pour le camp du président en novembre.
Le président, pour qui ce sera le sixième exercice de ce genre depuis son arrivée à la Maison blanche, s'emploiera dans le même temps à prendre de la hauteur après une fin 2013 troublée par le difficile démarrage de sa loi sur la santé, réforme phare de son premier mandat, et par les semaines de "shutdown" des services gouvernementaux non essentiels.
A la Maison blanche, les collaborateurs du président reconnaissent que Barack Obama a quelque peu pâti du "shutdown", bien que les Américains l'aient en grande partie imputé aux républicains, et des déboires de la mise en route de sa loi sur la santé. S'ils pensent qu'il est sorti désormais de cette période agitée, l'un d'eux estime qu'"il reste encore à faire pour retrouver la confiance de la population".
Le discours sur l'état de l'Union est dans le calendrier annuel la meilleure tribune dont un président puisse disposer aux Etats-Unis, des millions d'Américains prêtant alors une oreille attentive à ce qu'il va dire.
"C'est l'un des moments où les gens se mettent à l'écoute et veulent vraiment savoir quelles sont les priorités et ce qui définit une présidence", explique Mike McCurry, qui fut porte-parole de la Maison blanche sous Bill Clinton. "Vu l'année qu'ils ont passée en 2013, ce sera une bonne façon de remettre les compteurs à zéro pour 2014", ajoute-t-il.
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Barack Obama entend faire du thème de l'inégalité des revenus aux Etats-Unis l'axe principal de son intervention. Il évoquera ses efforts pour que le Congrès relève le salaire minimum et sa volonté d'accroître les offres d'emploi pour les bas échelons de la société à un moment où la Bourse est en plein essor mais où le marché de l'emploi reste peu dynamique.
LES ESPOIRS DES RÉPUBLICAINS
La Maison blanche voit dans l'augmentation des revenus le moyen pour soutenir la classe moyenne et permettre à un plus grand nombre d'Américains de sortir de la pauvreté.
"Je crois que cela permettra de fixer le cadre de notre débat, en montrant bien aux Américains qui est de leur côté", a dit à Reuters le représentant démocrate Steve Israel.
"Plus le président parlera de soutien à la classe moyenne et plus les républicains parleront de préserver certains intérêts particuliers, et plus le champ de bataille nous appartiendra", note-t-il aussi.
Les démocrates auront besoin de tout l'appui possible en cette année électorale, alors qu'ils ne sont déjà pas en bonne posture au Congrès. Traditionnellement, le parti qui contrôle la Maison blanche perd les élections à mi-mandat. Les républicains ont lancé une offensive énergique pour s'emparer du Sénat en novembre et progresser en sièges à la Chambre des représentants, où ils sont déjà majoritaires.
Pour Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat, le "Grand Old Party" a bon espoir de ravir huit sièges aux démocrates à la chambre haute, voire davantage. Il suffirait aux républicains qu'ils progressent de six sièges au Sénat pour devenir majoritaires dans cette chambre, qui compte 100 élus.
"Les Américains vont comprendre d'ici cet automne que nous sommes le parti du secteur privé", a déclaré dimanche McConnell sur la chaîne Fox News.
"Nous avons essayé pendant six ans d'affilée un gouvernement fort, et nous savons que cela ne marche pas", a-t-il ajouté.
Si les démocrates perdent le Sénat, l'aptitude du président à faire passer ses réformes sera grandement entamée et il sera plus encore qu'avant considéré comme un chef d'Etat inopérant.
Les démocrates espèrent quant à eux progresser dans les deux chambres, même si, avec une cote de popularité de seulement 40% pour Barack Obama dans la dernière enquête Reuters-Ipsos, cela risque fort de n'être qu'un voeu pieux.
"Je m'attends à ce que les démocrates perdent quelques sièges", résume David Yepsen, politologue à l'université du sud de l'Illinois, qui contredit les espoirs du camp présidentiel: "Ils auront du mal à progresser".
Eric Faye pour le service français
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