Petite avancée dans les négociations de paix syriennes
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par Khaled Yacoub Oweis et Mariam Karouny
GENEVE (Reuters) - Les négociations pour la paix en Syrie ont produit une modeste avancée mercredi, les deux délégations présentes à la conférence de Genève II ayant accepté de se référer au même document comme base de discussions, sans toutefois s'accorder sur le déroulement des négociations.
Le médiateur international Lakhdar Brahimi, qui préside la conférence, a jugé qu'il n'y avait rien d'important à attendre de la première phase des négociations, qui s'achève vendredi.
"Pour être franc, je ne m'attends pas à ce que nous accomplissions quoi que ce soit de substantiel. Je suis très heureux qu'ils continuent à négocier, mais la glace se rompt lentement - mais elle se rompt", a-t-il déclaré à la presse.
Souhaitant que la seconde phase soit plus fructueuse, le diplomate algérien a invité les Etats-Unis et la Russie à s'impliquer davantage pour combler des divergences "assez larges".
Les Nations unies et le gouvernement syrien, a-t-il ajouté, continuent à négocier en ce qui concerne l'acheminement de l'aide humanitaire destinée aux milliers de civils assiégés depuis des mois à Homs, sujet d'abord présenté comme un moyen de rétablir un minimum de confiance entre les deux parties.
Les négociateurs de l'opposition et du gouvernement ont donc fait savoir qu'ils étaient d'accord pour négocier sur la base du "communiqué de Genève" mis au point en juin 2012. "Genève I" fixe les étapes nécessaires pour mettre fin aux combats et prévoit une transition politique.
"Nous nous sommes mis d'accord pour dire que Genève I est la base des négociations", a déclaré à la presse le porte-parole de l'opposition, Louay al Safi.
Il y a accord sur l'utilisation de ce texte, mais avec quelques réserves, a quant à elle estimé Boussaïna Chaabane, conseillère du président syrien Bachar al Assad.
"ACCROÎTRE LA PRESSION"
Alors que l'opposition veut commencer par la question de l'instance gouvernementale de transition que la conférence de Genève II a pour but de mettre en place, le gouvernement syrien demande qu'une première étape soit consacrée à une discussion sur le "terrorisme", terme que Damas emploie pour décrire l'action des insurgés.
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Pour l'opposition, la transition suppose le départ du président Assad, ce que le gouvernement syrien refuse.
"Ils semblent plus ouverts à la discussion sur ce sujet mais ils essayent toujours de la repousser à la fin des pourparlers. Nous leur avons dit qu'elle devait avoir lieu en premier parce que rien ne peut être accompli si on ne peut pas former une instance de transition", a expliqué Louay Safi.
La télévision d'Etat syrienne a indiqué que le gouvernement voulait discuter du texte de Genève I, "paragraphe par paragraphe".
"M. Brahimi a dit que demain ils allaient discuter du terrorisme parce que mettre fin au terrorisme est le premier sujet qui doit être traité. Même dans Genève I, le premier sujet est de faire cesser la violence qui s'est muée en terrorisme", a ajouté Boussaïna Chaabane. Le médiateur n'a pas confirmé l'information.
Selon une source diplomatique russe citée par l'agence de presse RIA, Américains et Russes ont décidé d'"accroître la pression" sur les deux délégations pour qu'elles parviennent à un "compromis".
"Nous ne pensons pas que ce processus doive durer des années mais il est clair qu'après trois ans de guerre civile une semaine ne suffira pas à tout régler", a souligné un diplomate occidental.
"Ce que nous espérons, c'est qu'à la fin de la semaine il y aura suffisamment d'entente pour qu'ils acceptent de se revoir et qu'on ait quelque chose de tangible sur le volet humanitaire".
Aucun progrès ne semble avoir été accompli concernant l'aide destinée aux 2.500 personnes assiégées dans la vieille ville de Homs. L'opposition demande à Damas d'autoriser le passage d'un convoi humanitaire mais le gouvernement veut obtenir au préalable la garantie que l'aide ne tombera pas aux mains des rebelles.
"C'est toujours bloqué, pour ce que j'en sais", a indiqué Patrick McCormick, porte-parole de l'Unicef, interrogé à Genève.
Avec Tom Miles à Genève, Thomas Grove à Moscou et Stephen Kalin et Oliver Holmes à Beyrouth; Danielle Rouquié pour le service français
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