Consensus européen en faveur d'un rapprochement avec Cuba
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par Robin Emmott et Fiona Ortiz
BRUXELLES/MADRID (Reuters) - L'Union européenne décidera le mois prochain d'élargir ses relations avec Cuba, geste d'ouverture le plus marquant vers l'île communiste depuis la levée des sanctions diplomatiques il y a six ans, a-t-on appris de source proche du dossier.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE donneront le 10 février leur feu vert à l'ouverture de discussions avec La Havane en vue d'un accord de coopération spécial, dit-on de même source.
Cet accord, qui permettra de développer les échanges commerciaux, l'investissement et le dialogue concernant les droits de l'homme, pourrait être conclu avant la fin de l'année prochaine.
"Cuba veut des capitaux et l'Union européenne veut plus d'influence. Cette coopération pourrait être le prélude à beaucoup plus", a déclaré un responsable impliqué dans les discussions ayant requis l'anonymat.
Selon deux autres parties prenantes interrogées par Reuters, l'idée de stimuler l'ouverture économique entreprise par le président Raul Castro et de placer les sociétés européennes dans l'optique d'un virage capitaliste fait consensus à Bruxelles.
Les conséquences à court terme d'un accord de coopération seront certes limitées, mais la symbolique est de la plus haute importance pour l'UE, dont les relations avec Cuba pâtissent encore des sanctions imposées en 2003 après l'arrestation de 75 dissidents.
Elles ont été levées en 2008, mais la Pologne et la République tchèque sont hostiles à une normalisation complète du fait de leur propre passé communiste.
ÊTRE LÀ QUAND LA TRANSITION SE FERA
La Havane a par ailleurs récusé la "position commune" que l'UE a adoptée en 1996 pour promouvoir la démocratie et les droits de l'homme.
Les 28 pays de l'UE font en outre l'objet de pressions de la part des Etats-Unis, qui cherchent à maintenir l'isolement diplomatique de l'île.
Signe de l'impatience européenne, le chef de la diplomatie néerlandaise s'est rendu en janvier à La Havane, un fait sans précédent depuis la révolution castriste de 1959.
L'Espagne, historiquement plus impliquée que ses partenaires, prône également le rapprochement depuis que Fidel Castro a cédé le pouvoir à son frère Raul en 2008.
Bien que la "position commune" de 1996 soit toujours en vigueur, 18 Etats membres de l'UE entretiennent des relations diplomatiques avec Cuba.
"Si l'Europe veut avoir une présence lorsque la transition aura lieu à Cuba, l'UE doit y travailler dès maintenant. Il faut entamer le dialogue maintenant pour que l'Europe ne soit pas absente quand la transition se fera", estime José Manuel Garcia-Margallo, responsable de l'Amérique latine à l'Instituto Real Elcano, un cercle de réflexion madrilène.
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L'accord de coopération, déjà utilisé comme moyen de rapprochement avec des pays d'Asie et d'Amérique centrale, n'aurait que peu de conséquences commerciales pour l'île, dans la mesure où elle exporte très peu vers l'Europe.
L'UE est en revanche le premier investisseur étranger à Cuba et son deuxième partenaire commercial après le Venezuela. Qui plus est, un tiers de l'affluence touristique dans l'île provient du Vieux continent.
Avec Adrian Croft, Jean-Philippe Lefief pour le service français
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