Le Parti républicain américain cherche une stratégie d'unité
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par Susan Cornwell et Richard Cowan
CAMBRIDGE, Maryland (Reuters) - Le Parti républicain s'efforce de définir une stratégie susceptible de satisfaire aussi bien les conservateurs du Tea Party que les modérés afin de présenter un front uni aux élections américaines de mi-mandat, en novembre prochain.
Réunis à huis clos pendant deux jours pour leur retraite annuelle à Cambridge, dans le Maryland, les élus du Grand Old Party ont réussi à mettre de côté leurs dissensions en trouvant un terrain d'entente sur un projet de réforme de la santé concurrent de l'Obamacare.
"Je crois que dans l'optique d'exploiter cette année au maximum, il est important que nous montrions au peuple américain que nous ne sommes pas seulement un parti d'opposition, que nous sommes bien le parti de l'alternance", a plaidé le président de la Chambre des représentants John Boehner.
Selon le représentant Phil Roe, un élu soutenu par le Tea Parti qui approuve la démarche, le chef de la majorité républicaine à la Chambre Eric Cantor a été très applaudi en annonçant un vote dans les mois à venir sur ce projet alternatif de réforme de la santé.
Son collègue Raul Labrador, autre figure pro-Tea Party, a souligné que le Parti républicain cherchait à se fixer un programme "positif" et ne plus apparaître aux yeux du public comme le parti du blocage, après avoir voté une cinquantaine de fois contre la réforme de la santé de Barack Obama ou encore avoir été jugé comme le principal responsable du "shutdown", la fermeture des agences fédérales, en octobre dernier.
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"Les leaders du parti essaient désespérément d'améliorer l'image de marque du parti", déclare Sarah Binder, chercheuse à la Brookings Institution, "ce qui implique de trouver une feuille de route acceptable pour tous".
"Cela me paraît avant tout stratégique, plutôt que la preuve d'un effacement des divergences idéologiques au sein du parti", ajoute-t-elle.
DIVISIONS SUR L'IMMIGRATION
Les divisions persistent, en particulier sur la réforme de l'immigration, sujet que de nombreux républicains préfèrent éviter cette année afin de ne pas étaler leurs divergences et obérer leurs chances de conquérir le Sénat en novembre.
Les hispaniques ont voté massivement en faveur de Barack Obama lors de l'élection présidentielle de 2012 et certains républicains soulignent que le GOP doit cesser de s'aliéner cet électorat sur la question de l'immigration.
John Boehner a présenté les grandes lignes d'une législation prévoyant, comme l'administration démocrate, la légalisation de millions de clandestins. Mais il a souligné, selon Phil Roe, que "rien n'est décidé".
L'unité sera peut-être plus facile à trouver pour les républicains cette année qu'en 2011, 2012 ou 2013, des années marquées par le bras de fer budgétaire avec les démocrates.
Depuis le "shutdown" d'octobre, un accord budgétaire bipartisan a pu être scellé pour deux ans.
Mais cela ne signifie pas pour autant que les membres du Tea Party se sont effacés derrière les plus modérés du GOP.
"Les républicains reniflent la victoire. Il est stupéfiant de voir ce que la perspective d'une bonne élection peut avoir comme effet unificateur", déclare Larry Sabato, directeur du centre d'études politiques de l'Université de Virginie, qui s'attend tout de même à voir réapparaître des divergences d'ici au scrutin de novembre.
Jean-Stéphane Brosse pour le service français
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